Actualités

Tunisie : les pipes  »Bouchnak », une passion héréditaire

Anis Bouchnak, 37 ans, transforme méthodiquement la bruyère, tapissant le nord de la Tunisie en pipes façonnées main, un savoir-faire ramené d’Europe il y a 50 ans par son grand-père et qu’il entend « perpétuer » à son tour.

C’est en 2011, après la mort de son grand-père et de son père, qu’Anis a décidé de revenir au pays afin de relancer l’atelier.

« Bienvenue dans ma caverne d’Ali Baba. Voici nos beaux buissons qui viennent de nos forêts. Alors ils viennent ici et puis ils sont coupés à blanc, comme ça. Puis on les fait cuire pendant 12 heures, et puis on les fait sécher pendant 20 ans. Ensuite, on les fait sécher pendant 20 ans pour qu’ils aient un meilleur goût, pour qu’ils aient des pipes beaucoup plus légères, et à la fin, on a un résultat comme ça, une belle pipe Bouchnak« , se félicite Anis Bouchnak, propriétaire de l’atelier.

Une initiative qui vient de loin. C’est en 1968, en effet, que son grand-père, Chedly Bouchnak, a ramené de Suisse, une râpe, une perceuse et d’autres machines à bois permettant de transformer la bruyère.

« Toutes ces vieilles machines, plus que centenaires, parce que j’en ai qui ont 120 ans, ont été importées par mon grand-père en 1968. Il lui a fallu deux ans pour remonter les machines, et en 1971, nous avons réussi à sortir la première pipe. », rappelle Anis.

Mais la route aura été longue. Les pipiers français ont refusé de lui transmettre leur savoir-faire. C’est donc en espionnant par la fenêtre d’un atelier de Saint-Claude ville française du Jura considérée comme la capitale de la pipe en bruyère, que Chedly, son grand-père, a appris les secrets de fabrication.

Et la relève est donc assurée. Un collectionneur tunisien a transmis à Anis, la passion de ce travail, non sans lui montrer les perspectives d’avenir du métier.

« Je suis très fier de perpétuer ce travail, l’œuvre de mes ancêtres. Et je suis très fier d’être le seul ici en Tunisie à faire ce travail. Et c’est aussi une grande responsabilité pour moi, car je dois veiller à ce qu’il ne disparaisse pas. Je dois aussi passer le flambeau aux jeunes qui sont ici avec moi et à qui j’enseigne le métier« , ’’, affirme l’intéressé.

Une transmission de connaissance acquise auprès d’un maître pipier, employé de son grand-père. L’ancien élève, crée désormais lui-même des modèles originaux, mais toujours fonctionnels.

Source : africanews.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page