Politique

Serge Aimé Bikoi : «Paul Biya aime et affectionne la logique de la division pour mieux régner»

«Ça fait quatre ans que la crise sociopolitique et sécuritaire perdure dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Bien de mécanismes d’action et de propositions ont été formulés par des politiques, mais la guerre continue d’étaler ses effets pervers avec son cortège de conséquences incalculables Jusqu’ici, le commandant des armées camerounaises ne siffle pas la fin de la récréation et succombe à un immobilisme interrogateur», constate le journaliste dans une chronique envoyée le 1er novembre à la rédaction de Lebledparle.com.

Sege Aime Bikoi (c) Droits réservés

Pour Serge Aimé Bikoi, «il existe, sans conteste, un excès de zèle et d’orgueil des membres du gouvernement que le président de la république n’a toujours pas extirpé vu son mutisme assourdissant», écrit-il. Selon l’homme des médias, les « sons discordants » attendus dans le camp du gouvernement et le silence du chef de l’Etat ne participent pas à améliorer la situation sécurité dans les régions anglophones. Notre rédaction vous livre ci-dessous, l’essentiel de son analyste

Depuis quatre ans que la crise sociopolitique et sécuritaire sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des figures, au sein de l’appareil gouvernemental ont affiché leurs postures idéologiques diamétralement opposées. Il y a, d’un côté, des faucons qui sont des conservateurs avérés et patentés, dont le discours est maximaliste. Ces personnalités publiques caractérisées par le dédain, ont brillé par des prises de position intransigeantes et inflexibles, dont voici, en termes d’extraits, quelques dénominations :

1- La forme de L’État est non-négociable

2- Le Cameroun est un et indivisible.

3- Force reviendra à la loi.

4- On ne dialogue pas avec les terroristes ou encore avec les sécessionnistes.

La litanie de ces formules lapidaires et rébarbatives n’est, d’ailleurs, pas exhaustive. Toutes ces figures de la scène publique sont, jusqu’à l’heure, au sein du kaléidoscope gouvernemental et n’ont jamais été inquiétées par Paul Biya,qui reste et demeure muet comme une carpe. Comment des pyromanes peuvent-ils prétendre mettre fin à une crise, dont ils ont, depuis quatre ans, allumé le feu devenu, aujourd’hui, difficile à éteindre ?

La propension, pour le président de la république, à ne pas sanctionner ces membres du gouvernement, dont les prises de position ont contribué à courroucer les protagonistes sécessionnistes, témoigne de l’entretien manifeste de l’inertie, dont le Cameroun récolte, quatre après, les mauvais fruits. De l’autre côté du staff gouvernemental, il y a des modérés, voire des partisans de l’aile progressiste, dont le discours est relativisé et pondéré tant ils sont d’accord avec le modelage du fédéralisme, bien qu’ils ne soient pas fixés sur la typologie à implémenter. L’on se souvient qu’en 2017, au sortir d’une visite dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, avait annoncé l’amorce d’un cadre de dialogue avec les acteurs impliqués dans la crise sociopolitique actuelle. Mais grande a été la surprise de plus d’un de constater l’opposition du ministre de l’Administration territoriale (Minat) à cette décision sur les antennes de France 24. Face à ces sons discordants entre le chef du gouvernement et un ministre de la république, le président de la république ne s’est jamais prononcé pour siffler la fin de la récréation et taire cette cacophonie.

Indéniablement, Paul Biya aime et affectionne la logique de la division pour mieux régner. Histoire de rester et de demeurer dans la posture du créateur puissant face aux créatures viscéralement opposées et flagellées. Entre-temps, le pourrissement continue d’être observé dans les zones anglophones. Toute chose qui participe à alimenter l’économie de guerre, dont les bénéficiaires sont autant dans la chaîne du pouvoir central que dans l’avalanche des entrepreneurs de guerre qui sont pluriels. Ces actants bellicistes ont-ils intérêt à ce que la guérilla connaisse une fin dans les prochains jours ? Rien n’est moins sûr quand on sait que cette crise sociopolitique et sécuritaire leur a rapporté d’énormes devises. Ceux-là n’hésitent, de surcroît, pas à clamer la thèse suivant laquelle à quelque chose malheur est bon. Quelle inhumanité ! Quel inhumanisme ! Quel cynisme ! Quel sadisme ! Chacun payera le lourd tribut le jour de l’ultime jugement !


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Source : Lebledparle.com

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