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Safiatou Sidibé, d`ex-détenue à présidente d`association !

« La prison est une expérience qui vous change à vie ». Tels sont les mots de la femme assise au-devant de la scène à l’occasion de la journée lien et apprentissage de l’organisation « voice » facilité par Accountability Lab Mali.

« La prison a été mon tremplin »

De teint foncé, grande de taille, avec un visage bien arrondi et un sourire implacable. Safiatou Sidibé est une femme assez ronde dans la trentaine.

Micro en main, elle nous a raconté dans un bambara limpide son histoire. La jeune femme s’est vu être condamnée à 4 mois de prison dans un tribunal de Ségou (à 10km de Bamako). Elle s’est retrouvée dans cette situation après avoir crié « au voleur » quand l’homme qui a percuté son neveu a pris la tangente.


Un groupe assis dans la rue après avoir entendu les cris de la jeune dame a lancé une chaise au motocycliste. Ce dernier succombe sur place en tombant de sa moto.

L’épouse et la maman de deux enfants est envoyée à la prison de Ségou avec 4 autres personnes, chacune avec une peine différente par ce que toutes n’ont pas joué le même rôle dans « l’homicide involontaire » du motocycliste.

« Les premiers jours ont été horribles, je pleurais tout le temps. Et je ne comprenais pas comment je me suis retrouvée dans cette situation. La vie porte souvent des coups très durs. Et en tant que croyante nous ne pouvons qu’accepter les faits de Dieu. Et cette expérience pénible était un « Allah ka ladjarabi » une mise à l’épreuve de Dieu pour tester ma foi inébranlable en LUI ».

Contrairement à certaines personnes qui se laissent engloutir par de telles expériences, Safiatou, elle a reçu un déclic. Tout à coup elle a commencé à ouvrir les yeux et à voir le monde différemment (pour adopter ses propres mots). La prison fut son tremplin. Elle a alors commencé à s’impliquer dans des activités de la maison d’arrêt, à apprendre les métiers de réinsertion enseignés dans les pénitentiaux.

A sa sortie de prison, l’ONG Tara Bouaré l’approche pour lui proposer de créer une association qui vient en aide aux détenu.es et ex détenu.es. Elle accepte et avec l’aide de cette organisation elle crée l’association « jiguiya de Sebougou». Une association à but non lucratif qui vient en aide aux détenus de la région de Ségou.

Et c’est depuis lors que la jeune dame consacre son quotidien à aider les détenu.es et s’occuper de la réinsertion d’ex détenu.es.

La prison est une expérience perturbante pour beaucoup de personnes mais le plus dur c’est le regard et le rejet de la société vis-à-vis des ex-détenus. La réinsertion socio-économique est très difficile, c’est pourquoi l’association a un comité d’accueil pour ceux qui finissent de purger leurs peines.

A ce jour l’organisation a reçu des accompagnements de certaines personnalités publiques. Mais le but reste de mobiliser des fonds pour aider les détenu.es. Safiatou et son équipe ont à leur actif à ce jour, des sessions de formation en saponification, des journées de divertissement à la prison.

De femme rangée et sans histoire, la prison a fait de Safiatou Sidibé une femme forte, engagée et résiliente.

« Je n’ai pas honte d’être une ex-détenue. Et je ne serai jamais gênée de raconter mon histoire. Tout ce que j’ai vécu a contribué à me rendre plus forte, plus endurante et plus pieuse. Pour ma part je n’ai subi aucun rejet de la part des uns et des autres. Ma famille et mes proches m’ont énormément soutenu surtout mon époux. Et malheureusement beaucoup n’ont pas cette chance. Les ex-détenu.es sont considéré.es comme des « parias » par la société surtout les femmes. Mais vous savez quoi ? les prisons sont aussi remplies de personnes innocentes. Donc évitons de porter des jugements, par ce qu’une fois la peine purgée, les prisonniers ne doivent rien à la société et la justice …La suite sur le site womanager.org

Source : AfriqueFemme.com

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