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République Démocratique du Congo : l’affaire Chebeya relancée ?

De nouvelles révélations dans l’affaire Chebeya devraient pousser le gouvernement de la République démocratique du Congo à relancer l’enquête sur le double meurtre, commis en 2010, du défenseur des droits de l’homme et de son chauffeur.

Le 2 juin 2010 en République Démocratique du Congo, le militant des droits de l’homme Floribert Chebeya, a été retrouvé dans sa voiture mystérieusement asphyxié, les poignets menottés.

Le corps de son chauffeur Fidèle Bazana, l’autre victime de cette attaque, n’a jamais été retrouvé.

Depuis onze ans, la mort du fondateur de l’Organisation Non Gouvernementale, La Voix des sans voix, fait naître des théories de coup monté de la part de la presse internationale mais aussi des militants de l’ONG congolaises.

Les révélations obtenues par nos confrères de la Radio Française Internationale et de la Deutsche Welle qui ont interviewé, Hergil Llunga et Alain Kayeye, deux anciens chauffeurs de la police le 8 février dernier, ne font que confirmer les doutes. Ces derniers ont révélé sur leurs ondes, certains détails du plan visant à tuer Chebeya. D’après leurs dires, des policiers auraient étouffés Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, l’un après l’autre dans deux véhicules de la police dans leur quartier général.

Les deux témoins ont ensuite admis avoir participé aux meurtres. Ils disent avoir aidé à dissimuler les preuves et les corps sur ordres du colonel Daniel Mukalay (ancien chef des renseignements généraux de la police) et de Christian Ngoy (ex-commandant du bataillon Simba). Ils agissaient apparemment tout deux sur les instructions du général Numbi.

Parmi les détails révélés figure également l’emplacement de la tombe de Fidèle Bazana qui se trouverait sur une parcelle privée du colonel Zelwa Katanga à Kinshasa. Aujourd’hui général, Katanga a nié ces propos lors d’un entretien avec nos confrères de RFI.

Les deux témoins ont quitté le Congo à la fin de l’année 2020, craignant pour leur vie, ils ont affirmé qu’ils feraient face à la justice si leur sécurité était garantie.

Vers une réouverture du dossier

Mardi 9 février, l’ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo ainsi que plus de 100 organisations congolaises de défense des droits humains ont appelé à une réouverture du procès. Ces organisations ont même appelé à l’arrestation immédiate du général Numbi.

Les ambassadeurs de Belgique et des Etats-Unis ont approuvé la relance de la procédure.

L’épouse de Floribert Chebeya, Annie Chebeya s’est également exprimée ce même jour en révélant que ces témoignages étaient tout ce qu’elle et ses enfants attendaient. Elle a demandé à la justice congolaise de bien vouloir reprendre le procès.

Revenons sur les faits,

Floribert Chebeya qui exposait fréquemment les exactions commises par les forces de sécurité congolaises était régulièrement menacé.

Avant sa mort, il enquêtait d’ailleurs sur la police sous le commandement de Numbi et plus particulièrement sur le recours des agents à la force létale.

Le 1er juin 2010, Floribert Chebeya est convoqué par téléphone au bureau du général Numbi. Le lendemain, la police déclare que le militant des droits de l’homme est mort dans sa voiture dans le quartier de Mont Ngafula à Kinshasa, la capitale.

La disparition du militant des droits de l’Homme ayant provoqué un tollé international, le général Numbi a été suspendu le 5 juin 2010, mais aucune enquête ni poursuite judiciaire n’a été engagée.

Source : africanews.com

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