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Rapport Mapping : 10 ans de surplace

Dix ans après la publication du rapport Mapping, aucun responsable n’a encore été poursuivi.

Le Dr Jean-Mobert Senga est chercheur auprès d Amnesty International en République Démocratique du Congo, il exprime un sentiment commun à celui des victimes.

Dix ans après la publication du rapport Mapping notre sentiment est celui d ‘une grande déception, autant pour les victimes que pour les survivants des crimes qui sont documentés, et qui ont fait au minimum plusieurs centaines de milliers de morts et dont les séquelles sont encore visibles. Il y a eu quelques avancées maigres et éparses, sur le plan législatif aussi quelques procès mais là encore, seuls les exécutants ont été poursuivis. Cela reste très minime par rapport à l’ampleur des crimes.

Après l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi en 2019, beaucoup on nourrit l’espoir qu’enfin les choses avanceraient. Si Jean-Mobert Senga admet un certain optimisme, il déplore tout de même certaines contradictions.

On ne peut pas d’une part dire qu’on veut mettre fin à l’impunité et de l’autre utiliser des criminels de guerre dont certains n’ont jamais répondu de leurs actes, ou en tout cas pas de la totalité de leurs actes, s’en servir comme des émissaires de paix et même les amnistier parce qu’il y a un projet de loi d’amnistie sur la situation en Ituri, alors que du côté des victimes on est toujours en attente.

Il n’y a aujourd’hui même sur le plan symbolique, sur la question de la mémoire, aucun effort, aucun geste qui ai été fait du côté des victimes pour leur montrer que le président Tshisekedi et son administration comprennent, ressentent et sont proches de leur douleur, et qu’ils veulent mener une politique différente de l’administration précédente qui a plutôt brillé par le déni et qui a systématisé l’impunité.


Rapport Mapping de l’ONU sur la RDC

Les crimes répertoriés dans le rapport auraient été commis entre 1993 et 2003. Près de vingt ans plus tard, tourner la page n’est pas une option affirme le chercheur.

La paix ne va pas venir de l’impunité. Au contraire. Il faut ouvrir ces dossiers, il faut dire la vérité, rendre justice autant que possible. Rendre justice cela ne veut pas dire mettre tout le monde en prison. Cela veut dire montrer des signes, juger les principaux responsables, et éventuellement commencer un mécanisme de vérité et de réconciliation pour panser les plaies, et donner les réparations aux victimes, y compris les réparations symboliques, et puis espérer alors avancer.

Des réparations, comme celles opérées par le Prix Nobel de la Paix 2018, le Dr Denis Mukwege, aussi surnommé l’Homme qui réparait les femmes. Actif sur le terrain, il est aussi une voix qui s’est levée pour dénoncer ces impunités. Au point de faire l’objet de menaces de mort.

L’implication du Dr Mukwege c’est quelque chose qui nous réjouit nous, organisation internationale et congolaise de défense des Droits de l’Homme étant donné son rayonnement au niveau international. Il faut se mobiliser autour du Dr Mukwege mais aussi d’autres personnalités, d’autres organisations congolaises et internationales pour que les voix des victimes puissent être entendues et qu’une action puisse être entreprise. Cela concerne tout le monde, et au delà des congolais ça concerne l’humanité tout simplement.

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Une visioconférence sur l’évaluation du rapport Mapping s’est tenue ce mercredi 30 septembre. Organisée par la Fondation Panzi, Human Rights Watch et Amnesty International, elle a mis face à face des hauts responsables du gouvernement congolais, onusiens et de la société civile._

La conseillère principale de Félix Tshisekedi, a réaffirmé la volonté politique du Président à faire avancer la question de la justice et des réparations.

Les représentants de l’ONU et de la société civile attendent aujourd’hui des actions concrètes.

Source : africanews.com

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