Santé

Que contiennent les chewing-gums que vous mâchez ?

C’est dans les poches des soldats américains, lors de la Seconde guerre mondiale, que le chewing-gum a débarqué dans l’Hexagone. Depuis, nous en mâchouillons en moyenne un par jour, ce qui fait de la France le deuxième plus gros consommateur au monde, derrière les Etats-Unis. Un marché qui pèse à lui tout seul 326 millions d’euros. Pourtant, sa composition et la pollution qu’il entraîne sont loin d’être exemplaires. 

Pour connaître le secret de fabrication de ces gommes à mâcher, les industriels ayant refusé d’ouvrir leurs portes, il a fallu se plonger dans un livre de chimie, et suivre un petit cours pratique dans le laboratoire de chimie des polymères organiques de l’université de Bordeaux. En voici les produits de base : « On a du butylène, des choses issues de l’éthylène, du propylène », détaille le docteur Etienne Grau. 

Composé d’hydrocarbures

Faute d’avoir un doctorat en chimie, une traduction s’impose. En fait, ces matières caoutchouteuses, les gommes, sont issues du pétrole et on les retrouve partout. « Dans le chewing-gum, mais aussi dans les semelles de chaussures, les pneus de voiture », poursuit le spécialiste. En clair, quand vous mâchez ce produit, vous mastiquez du plastique auquel on ajoute des matières grasses pour le rendre plus mou, et des additifs pour le gonfler. 


Tout est ensuite malaxé pour obtenir un produit élastique. « Si on ajoute du sucre, des arômes, et un colorant, on obtient un chewing-gum que l’on trouve dans le commerce », explique Etienne Grau. Pour ce chimiste, mâcher du plastique issu du pétrole n’est pas dangereux pour la santé, car cette matière n’est pas assimilé par l’organisme. En revanche, cela pose un vrai problème pour l’environnement, car le plastique n’est pas biodégradable. Sauf que pour faire un chewing-gum, il est difficile de se passer de cette matière première, à moins de changer la recette. 

Les chewing-gums naturels, deux fois plus chers

Une usine italienne a justement décidé d’innover en faisant le choix d’utiliser des matières naturelles, en l’occurrence de la sève d’arbres fruitiers. Cela ne change pas vraiment la consistance du produit. Enrobés ensuite d’un édulcorant naturel, il suffit de les emballer et le tour est joué. 

Le seul souci, peut-être, réside dans le mode de fabrication un peu plus compliqué comme l’explique Harriet Wadjinny-Green, la fondatrice de la marque Bonsaï : « Les industriels utilisent du plastique, mais quand vous utilisez des molécules artificielles, on peut leur faire faire un peu ce qu’on veut. Alors que quand on travaille une matière première entièrement naturelle, il faut faire très attention au processus de production, il faut bien malaxer la gomme, ça prend plus de temps et c’est plus difficile », souligne-t-elle.

Plus difficile et donc forcément plus onéreux. Un chewing-gum naturel, biodégradable coûte deux fois plus cher en magasin qu’un chewing-gum classique

 

Source : AfriqueFemme.com

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