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Présidentielle au Burkina : foule de militants pour investir Roch Kaboré

Plusieurs milliers de militants du parti au pouvoir au Burkina Faso étaient réunis samedi matin à Ouagadougou pour investir le président Roch Marc Christian Kaboré, qui va briguer un nouveau mandat à la présidentielle de novembre, malgré un bilan miné par la situation sécuritaire dramatique.

“C’est une véritable démonstration de force pour montrer notre soutien au président Kaboré”, lance tout sourire Djenaba Traoré, une militante de 43 ans venue de Bobo Dioulasso (deuxième ville du pays, ouest).

Le palais des sports de Ouaga 2000, d’une capacité de 5.000 places, était entièrement rempli par les militants du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), et une vingtaine de chapiteaux dressés dans la cour accueillaient plusieurs centaines de personnes supplémentaires.

Le Premier ministre Christophe Dabiré, le président de l’Assemblée nationale Alassane Bala Sakande et l‘épouse du chef de l’Etat Sika Kaboré étaient présents à l’ouverture de ce congrès extraordinaire d’investiture, accueillis par les militants scandant “MPP victoire !”

“C’est un message envers les autres partis politiques de l’opposition. Il ne faut pas les laisser penser qu’ils peuvent battre notre champion”, soutient Kader Tapsoba, un commerçant de 46 ans, parmi les militants vêtus de blanc et orange, les couleurs du parti, convoyés par cars de tout le pays.

Malgré un bilan miné par une situation sécuritaire dramatique du fait des attaques incessantes de groupes jihadistes, Roch Kaboré, élu en 2015 et unique candidat à l’investiture de son parti, vise à 63 ans un nouveau mandat de cinq ans. Il est également soutenu par l’alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), un regroupement d’une quarantaine de partis politiques.

Le président du MPP Simon Compaoré a affirmé à l’AFP que le “bilan” des cinq ans de présidence Kaboré était “incontestable”, citant les réalisations en matières d’ infrastructures routières, de santé et d’accès à l’eau potable.

‘‘pas à la hauteur”

Autrefois havre de paix prisé par les touristes et les ONG, le “pays des hommes intègres”, nation pauvre d’Afrique de l’Ouest, est devenu en cinq ans une zone rouge où les attaques jihadistes sont quasi quotidiennes, des pans entiers du pays étant inaccessibles.

Ces attaques jihadistes, parfois entremêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait au moins 1.100 morts depuis 2015, et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

L’armée et les forces de l’ordre burkinabè se montrent incapables d’enrayer cette spirale de violences, malgré un soutien militaire international (notamment l’opération française antijihadiste au Sahel, Barkhane), et sont mêmes accusées de multiplier les exactions contre les civils.

A tel point que Washington et l’Union européenne ont tapé du point sur la table cette semaine, exigeant une action des autorités pour mettre fin aux centaines d’exécutions extrajudiciaires répertoriées par les organisations de défense des droits humains.

Selon un sondage en juin du Centre pour la gouvernance démocratique, une des rares enquêtes d’opinion au Burkina, “63% de la population” n’est “pas satisfaite des actions du président” depuis son accession au pouvoir.

Pour de nombreux observateurs, comme l’expert en sécurité Mahamoudou Savadogo, l’exécutif n’a pas été à la hauteur du défi sécuritaire.

Ancien baron du régime de Blaise Compaoré (chassé après 27 ans de pouvoir par une insurrection populaire en 2014) , Roch Kaboré part cependant favori pour l‘élection présidentielle, selon l’analyste politique Drissa Traoré, “face à une opposition qui peine à s’unir”.

Il devrait être opposé à de nombreux autres anciens du régime Compaoré : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un parti allié à Compaoré, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ex-parti de Compaoré.

Parmi les autres grands postulants figurent le chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré, deuxième de la présidentielle de 2015, Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, ou encore le juriste Abdoulaye Soma.

AFP

Source : africanews.com

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