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Maroc : le procès du journaliste Soulaimane Raissouni reporté

Des défenseurs des droits de l’homme ont manifesté devant la Cour d’appel de Casablanca où se tenait la première audience du procès du journaliste Soulaimane Raissouni poursuivi pour agression sexuelle.

Interpellé le 22 mai 2020, le rédacteur en chef du journal Akhbar al-Yaoum risque jusqu’à dix ans de réclusion criminelle selon les dispositions de l’article 485 du Code pénal marocain.

Après neuf mois d’enquête devait se dérouler ce mardi 9 février 2021, le premier jour de son procès.

Mais alors que Soulaimane Raissouni, âgé de 48 ans, se présentait devant le tribunal son audience a été ajournée immédiatement après son ouverture.

Le rédacteur en chef est placé en détention préventive depuis huit mois pour des accusations d’agression sexuelle, « attentat à la pudeur avec violence » et « séquestration » portées par un militant pour les droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans) sur Facebook.

Il a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Toujours soutenu par sa femme, Kholoud Mokhtari, qui espère qu »il « bénéficiera d’un procès équitable ».

Les avocats de M. Raissouni ont déclaré que le procès était reporté au 2 mars 2021, ils se sont également empressés de demander une remise en liberté de leur client.

Pour le moment, ils n’ont pas obtenu gain de cause.

Une dizaine de militants et de sympathisants ont participé à un « sit-in » de soutien devant la cour d’appel de Casablanca. Brandissant des pancartes frappées de slogans tels que « le journalisme n’est pas un crime », les manifestants ont appelé à la libération de « l’ensemble des prisonniers politiques » au Maroc.

Lors de son interpellation, l’ONG Reporters sans Frontières avait dénoncé une « campagne de diffamation relayée par les médias en ligne proches des services de renseignement ».

Dans la foulée, une pétition de soutien signée par une centaine de défenseurs des droits humains avait dénoncé le « ciblage des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme critiques à l’égard des autorités, avec les mêmes méthodes basées sur des accusations sexuelles ».

A l’image du journaliste indépendant Omar Radi a été placé en détention préventive fin juillet après avoir été accusé de viol ainsi que le directeur du journal Akhbar al-Yaoum,Taoufik Bouachrine, qui a été condamné il y a presque deux ans à quinze ans de prison pour « viol », « traite d’être humain » et « agressions sexuelles » ou encore de la nièce de M. Raissouni, Hajar Raissouni, journaliste au même quotidien, qui a écopé en 2019 d’un an de prison pour « avortement illégal » et « relation sexuelle hors mariage ».

Malgré les critiques, les autorités marocaines insistent sur le respect des procédures judiciaires et sur l’indépendance de la justice.

Source : africanews.com

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