Société

Lady Ponce : « Mon souhait c’est que le prochain président camerounais soit anglophone »

Les multiples publications des artistes musiciens qui fusent sur la toile depuis quelques heures n’ont pas échappé à l’œil de Lady Ponce. En toile de fond, les stars réagissent aux accusations du public qui leur reproche de faire sourde oreille à la situation qui prévaut dans les régions d’expression anglaise depuis quatre ans. Pour Maahlox, le peuple n’est pas honnête envers lui-même car il préfère vénérer les stars étrangères au détriment des artistes locaux.  Une position que la Diva du Bikutsi corrobore tout en précisant que les musiciens sont les apôtres de la paix mais leur engagement devrait être impartial ; dénué de tout penchant politique. Dans cette publication de l’auteure du titre « Le ventre et bas ventre » que vous propose Lebledparle.com, elle dit avoir évoqué la crise au NOSO depuis des lustres. Et d’ailleurs, avoue-t-elle, s’il lui était demandé de se prononcer sur le troisième président du Cameroun, elle jetterait le dévolu sur un originaire du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest.

Lady Ponce (c) Droits réservés

Quand c’est vrai, je valide. Merci mon frère Maahlox, tu as tout dit. Il y’a beaucoup de vérités dans ton direct.

Ce que tu décries là je l’ai vécu, j’avais parlé de ce qui se passe au Noso dès le début pendant mon spectacle à la Cigale.

J’ai même parlé et chanté pour dénoncer le tribalisme depuis 2012 parce que beaucoup faisaient semblant de ne pas voir le tribalisme envahir nos frères qui vivent à l’Occident.

Moi j’ai été témoin de beaucoup de choses.  Je l’ai dénoncé parce que ce pays est l’héritage que nos aïeux nous ont légué et l’héritage que nous allons léguer à nos enfants et petits-enfants.

Je peux le dire, j’étais parmi les premières artistes à dénoncer ouvertement ce qui se passe chez nous au Noso. 

 Mais je n’ose pas dire le retour négatif du peuple camerounais. Les menaces que j’ai reçues, de certains de ceux qui aujourd’hui utilisent le problème du Noso, pour leurs fin politiques.

J’ai été copieusement insultée. Aujourd’hui vous prenez l’exemple chez les artistes Nigérians ? Quand bien même qu’un artiste de chez vous, fait ce qui est bien, est-ce que vous voyez même ?

Vous vous en foutez. Combien parmi vous m’ont défendue ? 

Alors que je jouais mon rôle d’ambassadrice de la paix, que je suis. 

Nous artistes, nous sommes avant tout les partisans de la paix et de l’équilibre.

 Nous devons dénoncer les injustices et les abus dont nos citoyens sont victimes, oui c’est notre rôle. 

Malheureusement dans mon pays, c’est les mêmes citoyens que nous essayons de défendre qui vont d’abord s’indigner, t’insulter et t’afficher en t’accusant parfois de vouloir choisir des camps de partis politiques. 

C’est maintenant que vous voulez mélanger, le Noso pour vos intérêts politiques ?

 Vous m’avez insultée ici sur les réseaux sociaux en me traitant d’illettrée, de fille de joie, de celle qui pense qu’elle est arrivée …… humm, pour ne citer que ça.

 Oui je suis illettrée mais plus sage que certains intellectuels qui se pavanent sur Facebook pour prôner la division et le tribalisme. Il y a la sagesse de la vie que je possède et la connaissance intellectuelle acquise à l’école.

Je préfère mille fois rester illettrée, que de ressembler à ses intellectuels-là qui font la politique du ventre et des intérêts.  

Moi, personnellement je déteste la politique et tous les politiciens de ma famille le savent.

 Pendant que, je me faisais lyncher par certains médias au Cameroun et sur les réseaux sociaux, tout simplement parce que j’avais joué mon rôle de citoyenne de la paix, seuls les camerounais d’expression anglaise dits « anglophones’’, m’ont défendue.

 Je compte les quelques francophones qui m’ont apportée leurs soutiens.

  Et certains ont même accusé mon grand frère J.Point Rémi Ngono, de m’entraîner dans la politique alors que le pauvre ne connaissait pas que j’avais prévu le faire ,ni aucun membre de  mon équipe n’était au courant.

 Si je leur disais ce que j’avais prévu de faire, je suis sûre, qu’ils m’auraient dit non, c’est une mauvaise idée. 

Je peux le confirmer à cette époque, certains francophones s’en foutaient pas mal de ce qui se passe au Noso. Beaucoup de francophones ne se sentaient mêmes pas concernés. 

Ils faisaient comme si cette partie du pays, n’était pas au Cameroun.

 Comme si, c’était des étrangers qui étaient de ce côté du Cameroun, alors que nous sommes tous frères. 

Je ne compte pas le nombre de mes amis que j’ai aidés, pour faire quitter leurs familles des zones de guerre au Noso.

On cotisait pour payer leur escorte jusqu’à Douala. 

Aujourd’hui, je sais que cela arrange certains partis politiques, d’utiliser les artistes pour leurs propres intérêts.  Vous voulez vraiment qu’on s’indigne des injustices et de ce qui se passe au Noso ?

 Oui beaucoup d’artistes le veulent et le font même déjà en faisant des dons.

 Parce que, c’est ce que plusieurs ont préféré choisir d’apporter leurs soutiens. Tout simplement parce que nous sommes des artistes camerounais.

Je veux dire, plusieurs artistes ont peur de vous, oui, de vous le peuple.  Parce que vous nous faites plus peur que ceux qui nous gouvernent. Vos insultes effraient et font peur à la nouvelle génération.

 Nous avons nos aînés artistes qui dénoncent ses injustices et ont concentré leurs carrières uniquement à la dénonciation.

Qu’en avez-vous fait ? Il a fallu que certains entrent dans les partis politiques, pour que ces partis politiques les soutiennent.

Alors que c’est le peuple qui devait leur apporter le soutien et non les partis politiques.

Certains même dans leurs albums dénoncent cela. Combien de spectacles ont-ils eu ? Ceux qui se sont presque sacrifiés pour défendre les causes nobles pour le développement et le changement dans notre pays, qu’avez-vous fait d’eux, quand ils se sont retrouvés dans la merde ?

Vous vous êtes réjouis en vous moquant de ce qui leur arrivait. Nous savons que, malgré tout c’est votre soutien qui nous amène au top mais le prix à payer avec vous la plupart du temps c’est les insultes, le dénigrement, les menaces d’annulation de nos spectacles……. Et rassurez-vous les insultes, je peux vous le dire cela peut psychologiquement laisser des séquelles, dans la vie de certaines personnes.

 Parce que, croyez-moi ce n’est pas facile de toujours supporter vos mauvaises bouches.

 À chaque fois qu’un artiste croit bien faire, ce qu’il reçoit en retour…… Humm.

 Nous voulons presque tous le changement, mais sans nous imposer à adhérer dans un parti politique en essayant de la manipulation.

 Parce que, vous faites de la récupération, ma collègue artiste a dit ce que beaucoup de Camerounais n’osent pas dire plus haut ici sans insulter ou encore manquer du respect au président actuel.

Elle avait juste donné son opinion, ce qui est normal dans un pays qui se dit démocratique mais vous l’avez copieusement insultée, pendant presqu’une semaine.

 Le problème avec vous c’est que vous voulez nous dicter notre conduite.

Retenez ceci, nous sommes des partisans de la paix et du changement.

 Nous appartenons au peuples et non aux personnes ou encore aux partis politiques. 

À la Cigale j’ai accordé quelques minutes de silence pour le Noso, et « j’ai dit : je suis Bamenda » oui je suis également toutes les 10 régions du Cameroun.

 Et même pour le Grand Nord je demandais souvent des minutes de silence et nous les artistes avons même fait une chanson pour ça.

 Moi je suis et resterai à jamais reconnaissante à tous les Camerounais parce qu’ils ont presque tous contribué à ma réussite.

 C’est la raison pour laquelle, je ne pourrais choisir un parti politique. Ou encore une ethnie.

 Aujourd’hui, je vous vois parler du Noso comme si vraiment ce qui se passe la bas a commencé hier ?

Vous vous y intéressés vraiment, actuellement ?

Ou alors certains font juste de la récupération politique ?

 Ce problème nous concerne tous.

Parce que ce pays, nous appartient à tous. Je ne m’arrêterai jamais de dénoncer ou encore de continuer mes œuvres caritatives parce que vous êtes des sans confiance et des lâches qui se cachent derrière les faux profils pour dénoncer, alors que vous n’arrivez même pas à envoyer une bouteille d’eau pour nos jeunes qui se trouvent dans ces zones-là.

Mais vous aboyez sur Facebook….Est ce que vous êtes sûrs que si on fait une marche de la paix, vous allez nous suivre ? J’en doute. Comprenez que ce n’est pas le problème d’un parti politique.

 C’est là, le véritable problème avec vos mouvements pour le changement. 

Je suis pour le peuple, pour un changement, mais jamais pour un parti politique, et s’il fallait donner mon avis pour l’après je dirai sans hésiter, un seul instant mon souhait c’est que le prochain président camerounais soit anglophone et non francophone.

 Il est temps d’essayer avec la culture anglophone.

 La plupart des pays francophones ont presque tous les mêmes problèmes en Afrique.

 Nous avons la chance d’être bilingue, donc je suis pour un développement qui arrangera tous les Camerounais.

 Oui, nous voulons tous le changement.

Un changement sans verser le sang, un changement sans division et sans tribalisme.


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Source : Lebledparle.com

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