Culture

La Nuit des Rois, du réalisateur ivoirien Philippe Lacôte, présenté à la Mostra de Venise

Le deuxième long-métrage de Philippe Lacôte, La Nuit des Rois, est présenté hors-compétition à la 77eme Mostra de Venise.

Le réalisateur franco-ivoirien nous envoie pour une nuit dans la MACA, la prison la plus surpeuplée d’Afrique de l’Ouest.

Barbe-Noire y règne en maître. Caïd vieillissant et sur le point de mourir, pour conserver son pouvoir, il renoue avec la tradition de « Roman »: un seul prisonnier, contraint de raconter des histoires pendant toute une nuit.

Un jeune pick-pocket est désigné, et un seul récit le hante, celui du légendaire Zama King.

« Zama, c’est un personnage réel, c’est un chef de gang qui a existé à Abidjan qui a été lynché, qui a commis beaucoup de crimes, qui était chef des Microbes, » explique le réalisateur, Philippe Lacôte.

« Les Microbes, c’est les gangs de 8 à 18 ans qui sèment la violence dans les quartiers populaires d’Abidjan, qui attaquent à la machette et au couteau. C’est montré dans le film et c’est une réalité. Aujourd’hui, ils sont utilisés par le pouvoir en place comme milice pour mater les oppositions. »

La Nuit des Rois est une métaphore de la politique ivoirienne récente, mais aussi le reflet d’un pays toujours profondément ancre dans la tradition: la Cote d’Ivoire, qui reste hier comme aujourd’hui le théâtre de jeux de pouvoirs obscurs dont la jeunesse fait les frais.

« En fait ce qui m’intéresse, c’est toujours de montrer cette jeunesse qui est un peu prise dans un étau politique, » dit Lacôte.

« La Côte d’Ivoire, depuis Houphouët-Boigny, est un pays qui est ‘sur-politisé’ avec des guerres de succession qui ressemble à celle qu’il y a dans la MACA qui ne s’arrête jamais. »

« C’est à dire qu’on a beaucoup de leaders qui veulent le pouvoir. On a beaucoup de leaders qui sont liés à des groupes ethniques, donc c’est quelque chose d’assez difficile à démêler. Et aujourd’hui c’est la jeunesse qui est instrumentalisée dans ce conflit. »

Construit comme un thriller, le film balance entre réalisme brut et effets spéciaux spectaculaires.

Il plonge le spectateur dans un monde inquiétant, qui semble toujours au bord de l’implosion.

Source : africanews.com

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