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Kamala Harris, l’atout maître

Elle a rayonné tout au long de la campagne de Joe Biden, séduisant l’électorat démocrate tout en ralliant les indécis par ses mots forts et un optimisme contagieux. Indo-jamaïcaine de par ses origines, Kamala Harris sera la première femme vice-présidente des Etats-Unis.

Kamala Harris est née le 20 octobre 1964 à Oakland, en Californie, de Shyamala Gopalan, une scientifique spécialiste du cancer du sein venue d’Inde, et de Donald Harris, un économiste, professeur à Stanford, immigré de Jamaïque.

Ses parents l’ont élevée pour être « une femme noire fière et forte – et aussi pour être fière de son héritage indien. »

Une première apparition remarquée auprès de Barack Obama

Les Américains l’ont découvert en septembre 2012 lors de la convention nationale démocrate de Charlotte. Logiquement reconduit par son parti pour briguer un second mandat, Barack Obama l’avait alors invitée à s’exprimer devant le gratin démocrate.

De la même génération, il est né en 1961, le 44e président des Etats-Unis pouvait se retrouver dans une part d’histoire commune, avec des parents immigrés marqués par les mouvements antiracistes des années 60 et la décolonisation active de l’époque (la Jamaïque a obtenu son indépendance en 1962).

Kamala Harris est alors procureure générale de Californie. En 2017, elle devient la seconde sénatrice de couleur à siéger au Congrès des États-Unis après Carol Moseley Braun entre 1993 et 1999.

Une anti-Trump convaincue

Choisie par Joe Biden en août dernier pour être sa colistière, Kamala Harris n’a pas hésité à attaquer frontalement Donald Trump pendant la campagne, utilisant des mots forts et parlant tout haut du problème du racisme structurel aux Etats-Unis.

« Est-ce que je pense qu’il est raciste ? Oui, bien sûr ! Parce que ce n’est pas comme si ses dérapages étaient isolés. C’est même son modèle. Regardez comment il a osé remettre en question la légitimité de Barack Obama. Rappelez-vous de Charlottesville. »

Deux jours après sa nomination, le président Trump choquait bon nombre d’Américains en mettant en doute l’éligibilité de la future VP, relayant une théorie selon laquelle sa naissance sur le sol américain ne justifierait pas sa nationalité américaine :

« J’ai entendu dire aujourd’hui qu’elle ne remplissait pas les conditions requises. Je ne sais pas du tout si c’est vrai. J’aurais pensé, j’aurais supposé que les démocrates auraient vérifié cela avant qu’elle soit choisie pour se présenter à la vice-présidence.”

« Moi, je suis la seule femme noire actuellement élue au Sénat des Etats-unis, la deuxième seulement de l’histoire », répond-elle tout en rappelant que Donald Trump avait pendant des années tenté de faire croire à ses électeurs que « Barack Obama était né au Kenya. »

Toujours selon ses mots, le racisme américain se manifeste aujourd’hui dans l’impact disproportionné de la pandémie de coronavirus sur les communautés de couleur et dans les troubles civils provoqués par la mort de George Floyd, Breonna Taylor et d’autres personnes aux mains de la police.

« Il n’existe pas de vaccin contre le racisme », a-t-elle déclaré. « Nous devons faire le travail pour George Floyd, pour Breonna Taylor et pour tant d’autres que je ne pourrais nommer. »

De l’Observatoire naval au Bureau ovale ?

Kamala Harris s’est imposée dans cette campagne présidentielle alors qu’elle était parfaitement inconnue de la base de l’électorat américain. Elle a su entièrement se dévouer à la cause de Joe Biden, alors qu’elle l’avait durement attaqué au cours de la primaire démocrate de juillet 2019.

Mais la pugnacité affichée ces dernières semaines, la force des discours prononcés au cours de meeting menés aux quatre coins du pays l’ont propulsée en pleine lumière et ont donné un coup de fouet déterminant à ce ticket Biden-Harris.

Sa capacité à rassembler et surtout à convaincre les « indécis » a activement participé à la victoire de l’ancien vice-président de Barack Obama, mobilisant les votants américains comme jamais dans l’histoire du pays.

Progressiste pour certains, ultra-radicale pour d’autres, elle a su convaincre et inspirer la confiance. Première femme à être élue à la vice-présidence, Kamala Harris s’est faite un nom et va désormais bénéficier d’une stature à même de nourrir de futures ambitions.

Inévitablement, le fantasme de la nouvelle « Obama » escortera ses premiers pas d’élue à l’une des deux plus hautes fonctions du pays. Elle symbolise en tout cas l’espoir de voir l’exécutif mener une action cohérente et concrète pour mettre fin au racisme en Amérique.

« Joe Biden sera flingué au bout de trois semaines de présidence et Kamala Harris prendra la suite », la prophétie est signée Donald J. Trump.

Source : africanews.com

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