Insectes morts, particules métalliques… ce qu’a caché Lactalis

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D’après des documents que nous nous sommes procurés, une quinzaine de bactéries, et non une seule, ont été retrouvées dans le lait pour bébé.
C’est une nouvelle affaire Lactalis que nous révélons. Quand le scandale du lait contaminé a éclaté, en décembre 2017, on ne parlait que de la « salmonella agona », cette méchante bactérie qui avait intoxiqué 38 nourrissons. Mais on découvre aujourd’hui qu’elle est loin d’être la seule à s’être retrouvée dans l’usine de Craon (Mayenne), sur les sols et même dans la poudre de lait !

D’après un tableau remis par Lactalis à la préfecture de Mayenne, que nous avons consulté, le géant mondial avait, en réalité, décelé près d’une quinzaine d’autres types de salmonelles, comme le prouvent ses propres tests réalisés entre 2008 et 2016. Tous les ans, sauf en 2015, ses contrôles montrent la présence de bactéries au drôle de nom.

« Montevideo » ou « Mbandaka »
Elles s’appellent « Napoli », « Montevideo », « Senftenberg », « Ibaragi », « Kedougou », « Mbandaka » ou encore « Derby ». « Un lait ne doit pas contenir de salmonelles ! » tranche Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie. Surtout qu’elles sont loin d’être inoffensives. « Elles donnent les mêmes symptômes que l’agona », explique-t-il, soit des diarrhées, vomissements et fièvre, qui peut être grave chez les tout-petits. Je serais extrêmement surpris que l’on en retrouve autant dans du lait », nous confie-t-il. C’est pourtant le cas.

Lactalis a-t-il failli à ses engagements, aurait-il dû en informer l’Etat ? « Non, car les produits n’ont pas été commercialisés, indique Fany Molin, sous-directrice de la sécurité sanitaire des aliments au ministère de l’Agriculture. Des explications qui mettent très en colère Quentin Guillemain, président de l’association des victimes du lait contaminé. « A-t-on la preuve que ce lait n’a pas été vendu ? Que sont devenus ces produits ? Les résultats des contrôles de l’Etat, que nous avons consultés, ne font à aucun moment référence à une éventuelle destruction, il n’y a rien sur ce sujet ! »

« D’autres bébés ont pu être contaminés »

Ce père de famille, très engagé, est persuadé « que d’autres bébés ont pu être contaminés. Des parents dont les enfants ont été malades ont fait des analyses de selle, et ils montraient la présence de la salmonelle Montevideo, retrouvée dans les tests. A l’époque, on les avait écartés, car on nous parlait seulement de l’agona ». Selon lui, ces nouvelles révélations sont une preuve de plus de « gros problèmes d’hygiène dans l’usine ».

D’autant que de nouveaux documents que nous nous sommes procurés montrent la présence d’autres éléments insolites. A deux reprises, en 2012 et 2014, des insectes morts ont été signalés dans des boîtes par des consommateurs. Ainsi, la première fois, un père écrit : « J’ai appelé le service clientèle de Picot qui ne s’en est pas inquiété plus que cela […] Je trouve cela surprenant. » Deux ans plus tard, un autre parent fait même un signalement à l’agence régionale de santé d’Ile-de-France sur du lait de la marque Milumel Bio.

En décembre, la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations met même en garde Lactalis : « Il est apparu lors de l’enquête que cet incident n’était pas isolé […]. Et ce n’est pas tout. Un an plus tard, en août 2015, une consommatrice signale la présence de particules métalliques ». « C’est quand même incroyable ! tacle Quentin Guillemain. On a l’impression d’avoir affaire à des amateurs ».

Contacté, Lactalis, qui s’apprête à remettre sur le marché son lait, ne nous a pas répondu.

Source : www.cameroonweb.com

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