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« Il y a deux ans, l’art était considéré comme satanique » à Kinshasa

Dina Ekanga fait des tableaux avec son marteau et des clous en République démocratique du Congo.

Elle révèle que l’art commence à peine à se faire une place à Kinshasa et regrette le fait que les œuvres d’art aient longtemps été considérées comme sataniques :
« Il y a deux ans, c’était difficile que quelqu’un te dise ‘Waouh’. C’était toujours satanique, diabolique, idolâtrie… »

Ce rejet de l’art africain, explique-t-elle, vient de l’époque coloniale, ajoutant que pendant les campagnes d’évangélisation, les missionnaires avaient forcé les Congolais à rejeter leurs masques et leurs statues, symbole de leur spiritualité.
Son but aujourd’hui est d’arriver à partager les connaissances qu’elle acquiert sur l’art et la valeur de l’art avec ses compatriotes ainsi qu’avec les autres Africains.

Faire de l’art avec des clous


« Pour moi, chaque clou représente une peine, une souffrance, une embûche, une douleur quelconque de la vie « .

« En tant qu’être humain, nous devons lutter et être forts comme des clous, quel que soit le poids du marteau, des difficultés de la vie », déclare Dina Ekanga.
Elle dit avoir être inspirée par la statuette Nkisi NKonde du Kongo-Central, une province de la RDC.
Cette statuette en bois est remplie de clous mais reste « bizarrement magnifique » à regarder, dit l’artiste avec fascination.

La statuette Nkisi Konde se trouve actuellement au Mussée national des arts à Kinshasa, la capitale congolaise.

Dina Ekanga s’y rend souvent pour faire des recherches :

« J’essaie un peu de me ressourcer, de m’identifier pour l’évolution de mon travail ».
L’artiste nous indique que la beauté de cette œuvre d’art a éveillé sa curiosité sur ses origines et l’a poussé à apprendre l’histoire de Nkisi NKonde.

Nkisi Konde, statuette de justice

Dans certaines localités, le chef du village recevait différentes personnes venues se plaindre pour un quelconque tort subi.
Il plantait donc un clou dans la statuette pour chaque tort, ce qui infligeait une douleur dans le corps du coupable au même endroit que Nkisi NKonde avait été percé.
Lorsqu’à son tour, cette personne viendra se plaindre auprès du chef du village, celui-ci saura directement qu’il s’agit d’une affaire qu’il avait entendu plutôt et va demander à la personne de s’excuser auprès de celle qui s’était plainte en premier, afin de voir sa douleur disparaître.

L’artiste estime que ce système de justice pourrait être utile aux gouvernants actuels. Elle rêve d’un retour à l' »authenticité » :

« Aujourd’hui, au vu de mon pays et de l’Afrique, moi, je pense que l’on va vers la catastrophe … Là, on se perd « .

 

Source : AfriqueFemme.com

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