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Elles tricotent des prothèses mammaires pour les femmes touchées par le cancer du sein

À La Baule, Ludmila Cavallo a lancé un groupe de tricoteuses de prothèses mammaires, repris d’un concept américain. Une thérapie pour cette quinquagénaire touchée par un cancer du sein, elle-même passée par une mastectomie.

Dans le salon de sa résidence de La Baule (Loire-Atlantique), Ludmila Cavallo s’active… Comme toujours, malgré la maladie : « Avant, j’étais une femme orchestre. Et puis, d ’un jour à l’autre tout était perdu… »

Née en Colombie d’une mère espagnole et d’un père tchèque, tous les deux musiciens, Ludmila Cavallo s’est installée à La Baule, il y a environ quinze ans, après des années passées à gérer l’hôtellerie des paquebots de croisière.

En pleine crise du Covid-19, et juste après avoir perdu son emploi, elle apprend qu’elle a un cancer du sein. Les médecins le lui ont diagnostiqué « un peu tard à cause du confinement ».


« On se lève tous les jours en se disant : est-ce que je vais mourir, est-ce que je vais laisser mes enfants ? », confie la Bauloise de 54 ans. Début juillet, elle subit une mastectomie, une ablation du sein, avant de commencer des séances de chimiothérapie.

Des « nichons tricotés »

Quelques semaines plus tard, une amie lui ramène un Knitted Knocker (que l’on pourrait traduire par « nichon tricoté »), une drôle de prothèse mammaire en fils colorés. Immédiatement, Ludmila la trouve jolie à regarder et agréable à porter.

Jusque-là, elle utilisait la prothèse fournie gratuitement : en mousse, lavable uniquement à la main. Elle a aussi dû investir dans un soutien-gorge post-opératoire adapté : « J’avais pris le premier prix, à 35 €. »

Psychologiquement, c’est difficile, Ludmila ne s’apprécie pas avec cet équipement. Dans son miroir, elle se voit « comme une femme des années 1800, pas attirante du tout ». Mais avec le « nichon tricoté », Ludmila retrouve confiance. Elle peut « porter à nouveau des pyjamas sexys ». La prothèse se lave en machine et n’importe quel soutien-gorge convient : « C’est très important mentalement, on en a besoin de cette confiance », assure Ludmila.

Contrôle qualité

Ces prothèses en tissu sont nées aux États-Unis grâce à l’association Knitted Knockers. Début septembre, Ludmila contacte la fondatrice : « Ils n’avaient pas encore de groupe en France, j’ai dit, OK on le fait. »

Première étape pas si facile, trouver le matériel recommandé : « Les fils et le remplissage sont antiallergiques. » Et puis se mettre au travail. Ludmila n’avait jamais tricoté de sa vie, mais en demandant à ses amies et voisines, elle réussit à composer une équipe de cinq entre La Baule et Nantes.

À l’aide des consignes de l’association et des patrons, les premières prothèses se tricotent, toujours « 100 % coton ou 100 % acrylique pour se baigner avec ». Elles sont envoyées gratuitement à celles qui commandent sur le site de Knitted Knockers.

Ludmila veille et assure son « contrôle qualité », qui fait rire les autres tricoteuses. « Quand on en a un doute, on les met à la machine et si ça se défait, on la retricote », explique Laura, une amie de Ludmila et « tricoteuse étoile », à en croire l’équipe. Récemment, la fondation contre le cancer du Luxembourg a demandé à Ludmila si elles pouvaient donner le contact du groupe sur son site.

« Une thérapie »

Alors que dans le salon de Ludmila, les prothèses s’entassent, prêtes à être envoyées gratuitement, les moyens manquent, pour tricoter, remplir et emballer. Le groupe a déjà dépensé près de 400 € de sa poche pour le matériel et les frais d’envoi.

En Colombie, avec ses amies d’enfance, Ludmila a aidé à créer un groupe déjà passé de cinq tricoteuses début septembre à trente réparties dans différentes villes du pays. Une organisation qu’elle doit combiner avec ses séances de chimiothérapie aux lourds effets secondaires. Mais pas question de s’arrêter, car pour Ludmila, « s’engager, voir cette solidarité entre femmes, c’est aussi une thérapie ».

Pour apporter une aide au groupe ou vous procurer une prothèse, contacter par e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Source : AfriqueFemme.com

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