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Egypte : Une autoroute menace la cité des morts

Au Caire, la cité des morts est profanée par des bulldozers. Depuis le 18 Juillet les internautes s’affolent sur la toile; Ils documentent l’inconcevable démolition de ce patrimoine Égyptien, en faveur d’une nouvelle autoroute qui reliera le Caire historique au nouveau Caire.

Les critiques de la destruction proviennent d’habitants du Caire inquiets pour leur tombeau familial, mais également d’historiens, d’architectes, ou tout simplement de citoyens modestes logés dans les annexes des tombeaux.

Véritable musée à ciel ouvert, la nécropole regorge de dômes ornés de versets coraniques ciselés qui ont fait l’objet d’une fascination pour les peintres et les historiens orientalistes. Les cimetières, mosquées et monuments de ces zones font partie du Caire historique, qui figure sur la liste du patrimoine mondial protégé par l’UNESCO

Le projet d’autoroute vise à relier la place Al Fardous (sur le bord ouest du cimetière nord) à l’autoroute Tantawy, qui relie efficacement l’ancien et le nouveau Caire.

Pour construire le nouveau tronçon de l’autoroute, huit mètres de terrain ont dû être pris de chaque côté de Qansuh Al Ghuri, une rue qui traverse le cimetière nord.

La nécropole du Caire ou la cité des morts, est une collection d’immenses cimetières datant du 7ème siècle.

Au fil des siècles, des dirigeants et des élites historiques ainsi que des gens ordinaires y ont été enterrés.

Cette partie du cimetière est caractérisée par des bâtiments légèrement plus récents que les autres parties de la nécropole, avec de nombreuses tombes remarquables de la période mamelouke (XIIIe au XVIe siècles).

Plusieurs mosquées et mausolées de cette période sont situés à proximité du chantier, dont la tombe d’Al Zahir Qansuh, un sultan mamelouk.

Pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer des loyers prohibitifs dans la capitale égyptienne, les chambres funéraires offrent un abri à des milliers d’Égyptiens. Certaines familles qui ont vu leur logement rasé par l’autoroute, ont été expulsées sans préavis.

Une mère égyptienne de trois enfants, Menna, témoigne. Elle dit avoir été prise au dépourvu lorsqu’un bulldozer qui dégageait de l’espace pour l’autoroute controversée a aplati une grande partie d’un mausolée qui lui servait aussi de maison.

« Ils nous ont jetés à la rue », « Le bulldozer a soudainement heurté le mur et nous nous sommes retrouvés à ramasser nos affaires dans la panique », raconte-t-elle, entourée de décombres.

Les parents et grands-parents de Menna avaient élu domicile parmi les tombes de la Cité des morts, la plus ancienne nécropole du monde musulman.

L’UNESCO a déclaré à l’AFP qu’elle n’a été « ni informée ni consultée » sur les travaux de démolition entrepris en juillet.

 »Selon ses responsables , le Centre du patrimoine mondial assure un suivi avec les autorités égyptiennes pour examiner la question et évaluer tout impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle, l’authenticité et l’intégrité du bien. »

Le ministère égyptien des antiquités a défendu les travaux entrepris dans le cimetière le mois dernier et a déclaré « qu’il n’y a pas eu de destruction de monuments ».

Seules les « tombes récentes » ont été déplacées, a-t-il dit.

Source : africanews.com

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