Société

Décès d’Hubert Kamgang : L’hommage d’Owona Nguini à «un visionnaire»

Il était de ceux qui défendaient à cor et à cri la cause noire africaine. Décédé le 30 septembre 2020 des suites de maladie à Yaoundé, Hubert Kamgang a reçu des hommages tous azimuts pour son immense œuvre. S’inscrivant dans la même logique, le Pr Mathias Eric Owona Nguini a écrit un éloge post-mortem à ce panafricaniste de la première heure.

Owona Nguini, Hubert Kamgang (c) Montage Lebledparle.com

Lebledparle.com vous propose ci-dessous, l’intégralité du texte publié par le politologue le 1er octobre sur Facebook.

Le Patriarche Hubert Kamgang a trépassé. C’est un grand homme qui retournera sur la terre de ses ancêtres, rejoignant fièrement leurs mânes sur les Hauts Plateaux du Grassfields. On n’a pas besoin d’avoir partagé les convictions de cet homme de courage et de tempérament pour savoir qu’il fut de trempe. Le Dr Hubert Kamgang ne versa jamais dans la politique de l’exclusion et de la division, même s’il savait manier le verbe de la virulence. Il ne tomba jamais dans la politique de la transaction modelée par le mercantilisme ou le compradorisme. On ne le vit point chasser les suffrages dans la facilité du clientélisme de terroir ou du patronalisme de fief. Il ne fut pas pris au dépourvu par le carriérisme politico-administratif, sacrifiant ses chances de promotion sur l’autel de son engagement nationaliste, révolutionnaire et patriotique panafricain. Ce ne fut pas qu’un doctus consacré par une thèse d’économie appliquée. Il ne se contenta pas d’être un virtuose de l’analyse quantitative et statistique. Ce fut aussi un suivant de l’iconoclaste Tchuindjang Pouemi qui vint lui -même après l’intrépide Ossende Afana, questionner les ressorts de la zone franc et du franc CFA. Démocrate radical et révolutionnaire, Hubert Kamgang ne sacrifia cependant pas au catéchisme bo-bo de la démocratie néo-libérale, sachant grâce à sa grande culture politique que celle-ci ne pouvait être que le masque d’une démocratie néo-coloniale. En aufklarer des tropiques qui sut concilier la sagesse de la mygale avec la science du calcul, il avait compris que la souveraineté est la condition déterminante de la démocratie et du développement et que cela peut se construire par un républicanisme qui use d’un autoritarisme éveillé et émancipateur ou d’un despotisme éclairé et refondateur. Sa pensée politique sera toujours une source d’inspiration pour tous les panafricanistes, lui qui fut le continuateur de Nkrumah et d’Um Nyobè. Qu’il repose en paix. L’Afrique libérée ne l’oubliera pas.

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Source : Lebledparle.com

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