Comment Airbnb compte faire voyager 1 milliard de terriens

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La petite startup à l’esprit bon enfant est devenue en dix ans un mastodonte mondial de la location saisonnière de courte durée, avec près de 300 millions de réservations enregistrées. Et ce n’est que le début : Airbnb vise le milliard d’utilisateurs par an d’ici à 2028 en misant sur une extension tous azimuts de son écosystème de services et sur une sérieuse montée en gamme. De quoi renforcer les tensions déjà très vives avec l’industrie hôtelière, avec les villes qui se plaignent de la pression immobilière exercée par Airbnb, et avec les États qui courent derrière leur rente fiscale.

Tout aurait commencé avec trois matelas gonflables sortis d’un placard. Lors d’une conférence sur le design à San Francisco en 2007, tous les hôtels affichent « Complet » durant un week-end. Pour faire face à la hausse des loyers, deux colocataires, Brian Chesky et Joe Gebbia, futurs cofondateurs d’Airbnb, bidouillent un site pour héberger des voyageurs. L’idée d’une plateforme collaborative pour dormir chez de parfaits inconnus est née.

Une décennie plus tard, Airbnb s’est imposé comme la sixième licorne mondiale [startups valorisées plus de 1 milliard de dollars, ndlr], valorisée 29,3 milliards de dollars. Présente dans tous les pays – sauf en Iran, Syrie et Corée du Nord -, l’ex-startup revendique 4,85 millions d’annonces. Au total, la société californienne a enregistré près de 300 millions de réservations. Une position dominante qui entraîne son lot de critiques : concurrence déloyale vis-à-vis des hôtels, pression immobilière dans les villes, pratiques d’optimisation fiscale…

Avant de devenir ce géant du tourisme qui donne des migraines aux collectivités, Airbnb a connu des débuts frileux.

« Il y a dix ans, les gens pensaient que dormir chez un inconnu était une idée folle », se plaît à répéter Brian Chesky, Pdg d’Airbnb, lors de ses conférences.

La startup s’est lancée officiellement en août 2008 sous le nom de « Airbedandbreakfast », contraction de « air bed » (« matelas gonflable », en français) et « breakfast » (« petit déjeuner »). Mais le concept ne prend pas. À court de financement, les cofondateurs tentent de redresser la barre en produisant des boîtes de céréales à l’effigie de Barack Obama et de John McCain, alors candidats à l’élection présidentielle américaine de 2008…

Cette série limitée, composée de boîtes numérotées vendues 40 dollars pièce, génère environ 30.000 dollars… Et attire l’attention des investisseurs. Airbnb intègre alors l’incubateur Y Combinator, basé à Mountain View (Californie), et réalise sa première levée de fonds, de 20.000 dollars, en janvier 2009. Au total, la société de San Francisco a levé 4,4 milliards de dollars auprès des fonds les plus importants de la Silicon Valley (Sequoia Capital, Andreessen Horowitz…), mais aussi des banques comme JP Morgan Chase et des business angels de prestige, tels que Jeff Bezos (le fondateur d’Amazon) et l’acteur Ashton Kutcher.

afrik53.com

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