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Clash entre Fpi et Rhdp sur le cas Gbagbo à Gagnoa : Ce qui s’est passé à l’émission de Rfi délocalisée

Abel Djohoré, l’un des protagonistes de l’émission.

Dans le cadre de son émission « appels sur l’actualité », Radio France internationale (Rfi) a réuni sur un même plateau, vendredi 26 avril 2019 à Gagnoa, Séry Gouagnon, juriste, vice-président du Front populaire ivoirien (Fpi, pro-Gbagbo) et Abel Djohoré, député de Ouragahio-Bayota, cadre du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, au pouvoir).

Le thème du débat était :  »Du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite en 2010 à la décision de la Cpi d’acquitter l’ex-président de crimes contre l’humanité, comment ses partisans ont-ils vécu toutes ces années ?  Comment envisagent-ils son avenir et la réconciliation nationale ? ».

D’emblée, l’impossibilité d’échanger était si criant que le président du collectif des chefs de village du département de Gagnoa, Tchiffy Dagbo Gadji Joseph, a dit «regretter l’opportunité de cette émission huit ans après la fin de la crise », avant de s’offusquer « qu’avec tout le travail de réconciliation entrepris par la chefferie », la tension persiste entre camps opposés. Juan Gomez, présentateur de l’émission, a constaté, après cinq minutes d’échanges, que les invités avaient « une lecture diamétralement opposée de la crise ». « Vous n’êtes pas d’accord et visiblement, vous ne le serez jamais », a apprécié le journaliste de Rfi.

Tout le temps du débat (une heure), avec l’intervention de neuf personnes triées sur le volet, les positions étaient tranchées, à la fois, sur le résultat de la présidentielle de 2010, les causes de la guerre, le casse de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), la réconciliation et même l’ordonnance d’amnistie.

Tandis qu’Abel Djohoré, ponte du Rassemblement des républicains (Rdr), assurait que la guerre et les violences étaient la conséquence de l’intoxication des militants du Fpi par les cadres de ce parti, Séry Gouagnon a déploré la mauvaise gestion d’une « simple contestation électorale » par la communauté internationale qui a refusé le recomptage des voix proposé par Laurent Gbagbo.

Concernant l’acquittement prononcé en première instance par la Cour pénale internationale, le député d’Ouragahio a estimé que si le verdict des juges a apaisé les uns, il a blessé les autres notamment, les milliers de victimes qui n’ont aucun coupable en face d’elles. A cela, Séry Gouagnon a répondu que l’acquittement de Laurent Gbagbo était une évidence et cela a mis tout le monde d’accord.

A plusieurs reprises, des débordements ont été constatés aussi bien sur le plateau que dans l’assemblée, surtout lorsque le cadre du Rhdp a affirmé que le casse de la Bceao à Abidjan, montre que « Laurent Gbagbo est un faussaire », car dès lors que les résultats de la présidentielle ont été confirmés par la communauté internationale, l’ex-président, en utilisant les fonds de la Banque centrale, devenait un « faussaire ». « Les casseurs de banque, on les connaît, ils sont à Bouaké et Man », a rétorqué le représentant du Fpi.

Le débat sur l’amnistie a révélé une nouvelle difficulté. Pour Séry Gouagnon, Laurent Gbagbo ne saurait être poursuivi pour le casse de la Bceao et donc condamné pour « crime économique » vu que les faits portant sur le casse de la Bceao ont été amnistiés. « Le jugement rendu à cette époque, tombe. Donc, Gbagbo doit rentrer chez lui », concluait le vice-président du Fpi. Le député Abel Djohoré a répliqué : « ce sont les faits qui ont été amnistiés et pas les individus ».

Source : Rumeurs d’Abidjan.net

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