Economie

Chine : tournée africaine sur fond de coopération économique

Le pays le plus peuplé de la planète est un partenaire indéniable des économies africaines. La puissance asiatique ne compte pas s’arrêter là et cherche à augmenter son implication sur le continent.

Après avoir multiplié les accords, comme avec l’Egypte, pour permettre l’acheminement du vaccin Sinopharm contre la Covid-19 et aider la réponse au virus sur le continent lors du sommet Chine-Afrique, le premier partenaire commercial de l’Afrique, a débuté ce lundi une tournée africaine pour ramener la coopération économique bilatérale fragilisée en 2020 à des niveaux pré-pandémie.

Comme il est de tradition depuis 20 ans, le ministère des Affaires étrangères chinois ouvre l’année par une visite diplomatique et économique sur le continent africain. Cette année, la délégation chinoise se rendra dans cinq pays, le Nigéria, la République Démocratique du Congo, le Botswana, la Tanzanie, mais aussi les Seychelles. L’occasion pour la Chine de rappeler ses liens avec le continent, après une année 2020 marquée par le vingtième anniversaire du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).

« Au cours des 20 dernières années, la Chine et l’Afrique ont conjointement formulé et mis en oeuvre dix-huit plans de coopération. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont été multipliés par 20 et les investissements directs de la Chine ont été multipliés par 100 » rappelait la porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Hua Chunying, lors d’une conférence de presse le 4 janvier. La participation à la construction d’infrastructures sur le continent, argument de taille avancé par la République populaire de Chine depuis son offensive sur les marchés africains, reste la colonne vertébrale du discours de Pékin pour renforcer ses positions de premier partenaire économique du continent.

« À ce jour, la Chine a aidé l’Afrique à construire plus de 6 000 kilomètres de chemins de fer et de voies rapides, près de 20 ports et plus de 80 grandes centrales électriques. La Chine travaille également avec l’Afrique pour développer la coopération dans de nouvelles formes d’entreprises telles que l’économie numérique, les villes intelligentes, l’énergie propre et la 5G » , ajoute Hua Chunying, soulignant le développement de l’initiative lancée par la Chine en 2013 « One Belt, One Road » (une ceinture, une route, plus connue sous l’appellation de « nouvelle route de la soie »).

Une vision embellie de la coopération ?

Mais le climat économique n’est pas au beau fixe pour autant. En 2020, la pandémie de Covid-19 a bloqué les nombreux chantiers partiellement ou entièrement financés par la Chine et a considérablement augmenté leurs coûts. Les remboursements des prêts contractés auprès de Pékin sont devenus une préoccupation pour de nombreux africains, une majorité (58%) d’entre eux estimant que leurs gouvernements avaient trop emprunté, selon l’institut de recherche panafricain Afrobarometer, qui a sondé les ressortissants de 18 pays africains dans une série d’enquêtes d’opinions.

Au Kenya, la modernisation de la ligne de chemin de fer reliant la capitale Nairobi à la ville côtière du sud du pays de Mombasa, financée à 90% par des fonds chinois, à été pointée du doigt pour son coût dépassant les 3 milliards de dollars. Selon les données collectées par Afrobarometer, 87% des Kényans affirment que leur gouvernement s’est trop endetté auprès de la Chine. Un sentiment également partagé par une partie de la classe politique: de nombreux députés kényans ont demandé au gouvernement d’Uhuru Kenyatta de renégocier les conditions de remboursement de la dette accumulée auprès de la Chine.

Si les pays membres du G20 se sont accordés en avril à ne plus exiger aux pays les plus pauvres de paiements de la dette publique pour 2020, plusieurs pays africains, ont appelé à une prolongation d’un moratoire de la dette sur l’année suivante, voir à une annulation complète de celle-ci.

Malgré ces discussions autour de la dette, Pékin se veut rassurant sur la suite de la coopération économique.

« 2021 marque la dernière année de la mise en oeuvre des résultats du sommet de Pékin du Forum sur la coopération sino-africaine. Au cours de ces visites, le conseiller d’État et ministre des affaires étrangères Wang Yi mènera une communication approfondie avec la partie africaine. La visite vise également à soutenir les pays africains dans la lutte contre l’épidémie et la reprise économique, et à promouvoir la construction conjointe de l’Initiative de la « One Belt One Road » afin de construire une communauté sino-africaine plus étroite avec un avenir partagé« , affirme la porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Hua Chunying.

L’heure est à l’opération séduction pour la Chine, alors que son image s’est quelque peu dégradée ses dernières années. Si six africains sur dix considèrent toujours l’influence de la Chine comme positive, le peu d’opportunités créées pour les Africains et la qualité moyennes des produits chinois disponibles sur les marchés du continent, ont contribué à une baisse de la perception sur le continent.

Source : africanews.com

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