Sport

CHAN à haut risque : révélations inquiétantes d’un média français

Le tournoi, qui se tient du 16 janvier au 7 février dans un contexte sanitaire et sécuritaire tendu, doit servir de test avant l’accueil de la CAN en 2022.

La pandémie de Covid-19 avait obligé les différentes institutions sportives mondiales à reporter à cette année certains événements prévus en 2020. Parmi eux, l’Euro de football et les Jeux olympiques, mais également le Championnat d’Afrique des nations de football (CHAN), qui devait initialement avoir lieu en avril au Cameroun. C’est finalement à partir du samedi 16 janvier et jusqu’au 7 février que se tiendra ce tournoi créé en 2009 et auquel participent uniquement les joueurs évoluant en Afrique. Seize équipes sont qualifiées pour la phase finale, dont le pays organisateur, et quatre sites ont été retenus : deux à Douala, un à Yaoundé et un à Limbé, dans la région anglophone du Sud-Ouest. Plusieurs de ces enceintes accueilleront aussi des matchs de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), prévue début 2022.

« Le Cameroun sera très observé et nous voulons que ce CHAN soit une réussite. Tout est prêt, que ce soit au niveau des installations sportives, hospitalières ou hôtelières. Pour le pays, cela servira de galop d’essai avant la CAN », explique Michel Dissaké Mbarga, inspecteur général des services du ministère des sports et directeur du tournoi depuis novembre 2019. Benjamin Banlock, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), se montre lui aussi très optimiste, alors que le Cameroun avait été critiqué pour les retards pris dans les travaux : « J’invite ceux qui émettaient des doutes à venir sur place. Tout est prêt pour le CHAN et tout sera prêt pour la CAN. »

Pourtant, le pays est confronté à deux enjeux majeurs, peu en rapport avec les questions sportives. Le premier tient évidemment à la situation sanitaire. Les stades seront ouverts au public alors que presque partout dans le monde, le football se joue devant des tribunes vides. Le Cameroun se l’autorise, car avec 27 300 cas positifs au Covid-19 (dont 451 décès) depuis l’apparition du virus en mars, l’épidémie « est relativement bien maîtrisée », estime Michel Dissaké Mbarga.

Les menaces des indépendantistes
Le directeur du tournoi précise néanmoins avoir « voulu prendre un maximum de précautions ». Ainsi, une jauge maximale à 25 % de la capacité de chaque stade a été fixée et les billets ne seront pas vendus le jour des matchs. « Mais il faudra bien évidemment porter le masque et respecter les mesures de distanciation. Nous avons sensibilisé les volontaires qui seront présents dans les stades sur la nécessité de faire respecter les règles. Les spectateurs qui ne s’y plieront pas seront expulsés. » Cette jauge de 25 % pourrait « être revue à la hausse ou à la baisse après le premier tour, en fonction des comportements », ajoute Benjamin Banlock.

L’autre défi concerne plus particulièrement la région du Sud-Ouest, théâtre d’un conflit politique et armé – qui a déjà fait 12 000 morts – entre l’Etat et les séparatistes anglophones. Ces derniers ont envoyé début janvier des courriers à la Confédération africaine de football (CAF) et à la FIFA, dans lesquels ils assurent vouloir s’en prendre aux délégations étrangères et aux supporters concernés par les rencontres à Limbé, où cinq matchs du premier tour ainsi qu’un quart de finale et une demi-finale sont programmés. La menace ravive chez certains le souvenir de l’attaque menée lors de la CAN 2010 en Angola par les indépendantistes du Front pour la libération de l’enclave du Cabinda (FLEC). Visant le bus de la délégation togolaise, elle avait fait trois morts et neuf blessés.

Bernard Okalia Bilai, le gouverneur de la région du Sud-Ouest, s’est montré rassurant, affirmant que « toutes les dispositions nécessaires ont été prises ». Limbé a déjà accueilli des matchs de la CAN féminine en 2016 « et tout s’était très bien passé », rappelle aussi Michel Dissaké Mbarga. Au Cameroun, les supporters semblent finalement beaucoup plus inquiets quant au niveau de la sélection nationale, malmenée lors d’un tournoi organisé à Yaoundé début janvier par le Niger (1-2), la Zambie (0-2) et l’Ouganda (1-1). Mais ne dit-on pas que les Lions indomptables ne sont jamais aussi dangereux que lorsqu’ils semblent au plus bas ?

Source : Camerounweb.com

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