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Algérie : le rapport Stora propose une commission Mémoire et Vérité

Benjamin Stora propose la création d’une commission Mémoire et Vérité pour apaiser les tensions entre l’Algérie et la France. Ce mercredi, l’historien français a remis au président Emmanuel Macron le fruit de sa réflexion sur la colonisation et la guerre d’Algérie.

Près de 60 ans après la fin de la guerre, le souvenir de la colonisation est présente dans les mémoires familiales de millions de personnes en France : rapatriés pieds-noirs, appelés du contingent qui ont fait la guerre (longtemps désignée par la seule expression d’« événements d’Algérie »), harkis, ces supplétifs qui ont combattu pour la France, et immigrés algériens. En Algérie, elle a cimenté le sentiment national après l’indépendance et fourni au pouvoir une légitimité sur laquelle il continue de s’appuyer 60 ans plus tard.

C’est dans cette optique que Benjamin Stora a proposé la création de commission. « Que des circulations de mémoire existent réellement, que les gens puissent se comprendre les uns les autres, que les Français comprennent le vécu algérien et les Algériens rentrent aussi dans ce qu’a été l’histoire française de la guerre d’Algérie », déclarait-il à l’AFP lors d’un entretien avant la présentation de ce rapport.

Actes symboliques

La France a écarté toute présentation d’excuses attendues par Alger, mais compte prendre des actes symboliques pour réconcilier les deux pays. L’Elysée souhaite ainsi privilégier une démarche de reconnaissance de la vérité, et non de repentance.

Emmanuel Macron participera à trois journées de commémoration hautement symboliques des divisions mémorielles dans le cadre du 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie en 1962 : la journée nationale des harkis le 25 septembre, la répression d’une manifestation d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris et les Accords d’Évian du 19 mars 1962 qui aboutirent au cessez-le-feu en Algérie, a précisé la présidence.

Le président français va par ailleurs étudier la reconnaissance de l’assassinat par l’armée française de l’avocat et dirigeant nationaliste algérien Ali Boumendjel en 1957, et l’entrée de l’avocate anticolonialiste Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet 2020, au Panthéon qui accueille les héros de l’Histoire de France.

En Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune avait de son côté chargé le directeur des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, de travailler sur la question mémorielle, de concert avec Benjamin Stora. Le président Tebboune a souhaité que MM. Stora et Chikhi accomplissent « leur travail dans la vérité, la sérénité et l’apaisement pour régler ces problèmes qui enveniment nos relations politiques, le climat des affaires et la bonne entente ».

Entre 1954 et 1962, la Guerre d’indépendance a fait près de 500 000 morts civils et militaires, dont quelque 400 000 Algériens.

Source : africanews.com

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