Togo : l’opposition dénonce une « répression sauvage » des manifestations dans le nord

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Togo : l’opposition dénonce une « répression sauvage » des manifestations dans le nord

Les forces de l’ordre ont notamment fait usage de lacrymogènes pour disperser les manifestants de l’opposition, ce 18 octobre 2017 à Lomé.

Des milliers de manifestants demandant le départ du président Faure Gnassingbé sont à nouveau descendus dans les rues de Lomé et de plusieurs autres villes mercredi à l’appel de l’opposition. Ils dénoncent une “répression sauvage” dans le nord, où le gouvernement invite à ne pas manifester, des armes volées à l’armée étant selon lui en circulation.

« Faure, dégage » : le mot d’ordre est toujours le même depuis la fin août sur les pancartes brandies lors des marches de l’opposition togolaise. Cette dernière a entamé hier trois jours de rassemblements à travers le pays pour exiger notamment le retour à la Constitution du 14 octobre 1992 dans sa forme originelle, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des Togolais de l’étranger.

Dans les rues, les manifestants ont dénoncé une « répression sauvage » ayant fait une vingtaine de blessés la veille dans le nord du pays, où les manifestations ont été interdites, malgré leur autorisation préalable par le gouvernement.

À Sokodé et Bafilo, des militaires « cagoulés et lourdement armés ont pris position » aux points de départ des marches mardi. Ils ont « dispersé à coup de bâton et de grenades lacrymogènes le moindre attroupement », a affirmé la coalition de 14 partis à l’origine de la mobilisation dans une déclaration.

Cette répression a fait, selon eux, « 16 blessés par balle et bastonnade » à Sokodé, fief de l’opposant Tikpi Atchadam, et trois blessés à Bafilo, « dont un handicapé qui a été tabassé ».

« C’est là la preuve de plus de la duplicité de ce régime à qui on ne peut faire confiance », accusent les opposants, alors que le pouvoir avait prôné l’apaisement lundi. Le gouvernement avait aussi invité l’opposition au « dialogue » et annoncé la libération de 42 personnes arrêtées lors de précédentes manifestations.

« Au moins 10 blessés »

Pour le ministre de la Sécurité, Yark Damehane, il serait « prudent d’éviter toute manifestation » dans la région de Sokodé. « Il y a des armes qui sont en circulation. Les deux militaires qui ont été tués (le 16 octobre, ndlr) ont vu leurs armements emportés. Jusqu’à ce jour nous ne savons pas qui les détient. Des commissariats saccagés, plus de 80 cartouches dans la nature. Est-ce raisonnable de laisser les gens manifester dans cette situation ? » a-t-il expliqué.

Dans un communiqué conjoint, l’Union européenne, les Nations Unies et les ambassades de France, des États-Unis et d’Allemagne se sont contentées mardi d’ »accueillir positivement les mesures d’apaisement annoncées par le gouvernement » tout en appelant « les manifestants à témoigner de leurs convictions par des moyens pacifiques ».

Amnesty International a de son côté dénombré « au moins 10 blessés » qui étaient encore hospitalisés à Sokodé mardi, dont un « par balle ».

L’opposition demande une limitation du nombre de mandats présidentiels à deux et la démission de Faure Gnassinbgé. Le gouvernement compte organiser un référendum pour faire adopter une réforme prévoyant notamment cette limitation des mandats présidentiels, mais la mesure n’est pas rétroactive, permettant à Faure Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et 2025.

Africapresse.com

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