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Sérail: doutes sur le dialogue annoncé entre Biya et les séparatistes

Au-delà de la déconnection et surtout du flou que suscitent les récents messages du président, concoctés par le régime sur le pardon et le dialogue. Si les Camerounais ont bien compris que la demande de pardon était une escroquerie classique du régime, leur intérêt se porte plus sur le dialogue qu’ils jugent impossible avec le régime. En effet, pour les Camerounais le seul bon dialogue est celui qui se fera sans Biya et se terminera par le départ officiel de Paul Biya.

Le dialogue est impossible entre le peuple Camerounais et le régime Biya. Voilà en substance la conclusion des nombreux experts en communication qui écument tous les soirs les bars et gargotes des principales villes camerounaises, après leur dur labeur du jour. Leurs arguments se résument en la définition du dialogue : Discussion ou conversation ou pourparlers entre personnes (crédibles), sur un sujet (d’intérêt commun) en vue d’aboutir à un accord (qui est l’objectif du dialogue). Essayons donc d’examiner ces trois aspects par rapport à la situation au Cameroun.

1- Crédibilité des acteurs du dialogue.
Le régime de Yaoundé n’accorde aucune crédibilité aux Camerounais, car il ne se réfère qu’a l’étranger. Le régime considère les Camerounais comme des apprentis sorciers qu’il faut simplement assassiner à défaut de molester ; des adversaires qu’il faut neutraliser et museler (Me voici donc à douala) ; des parias qu’il faut tenir à distance quitte à se réfugier à Genève (quand Yaoundé respire le Cameroun vit) et des terroristes qu’il faut tout simplement éradiquer. Le génocide est institutionnalisé.

Pendant ce temps-là, les Camerounais le lui rendent bien car ils considèrent le régime de Biya comme une bande d’étrangers (français de préférence) qui vivent, résident, étudient et meurent à l’étranger, aux frais exclusifs des Camerounais ; qui violentent, maltraitent et humilient les Camerounais ; qui appauvrissent et esclavagisent les Camerounais et qui finalement ne sont absolument pas crédibles et fiables (la Tripartite est une référence implacable).

2 – Le sujet d’intérêt commun du Dialogue
Les Camerounais veulent comprendre comment être président d’un pays et déclarer la guerre à son peuple ; quelles punitions affliger à ceux qui nous ont trahis, torturés, humiliés, appauvris et qui jubilent du génocide qu’ils commettent dans notre pays en ce moment même. Ils ont envie de discuter comment faire pour ne plus jamais se retrouver pris dans le piège d’un tel cauchemar et définir ensemble la meilleure forme de l’état.

Pendant ce temps-là, les membres du régime ne sont même pas disponibles. Le président se bat pour sauver sa tête car il pense que beaucoup de Camerounais veulent le pendre haut et court. Les ministres et les grands aboyeurs de la mangeoire, sont dans l’inquiétude générale et ils ne pensent qu’à la manière d’échapper aux grands questionnements ou de fuir le pays. Les moins nantis s’inventent des techniques de glissement ou de dérapage contrôlé pour réussir des virages à 180 degrés.

3 – Les objectifs du dialogue

Les Camerounais, dans leur unité, cherchent à dialoguer pour, en priorité, sauver leur pays de l’effondrement social, économique, culturel et politique. Et pour cela ils ont envie de réécrire leur constitution, mettre au point une forme de l’état compatible avec leur essence, mettre un terme à l’état colonial et graver les plans pour un développement substantielle et durable.
Pendant ce temps-là, le régime n’a qu’une seule idée en tête qui se résume en la conservation du pouvoir pour se servir et servir la France ; au maintien des Camerounais dans la misère sous un régime de violence, à la continuation de la prévarication et des passe-droits à tous les étages et à garder les différents noms du Cameroun : « Humiliadistan », « Jem’enfoudistan », « Irresponsabilitéland » etc.

Nous voyons bien que sur les trois piliers (la crédibilité des acteurs, le sujet et les objectifs) d’un véritable dialogue, le peuple Camerounais et le régime de Yaoundé sont sur des socles complètement divergents. Et ce n’est pas tout. Si on y ajoute la volonté des acteurs qui est un élément très important dans un dialogue alors on est en présence d’un fossé entre le peuple camerounais et le régime.

A titre d’illustration, en 37 ans de pouvoir, le régime n’a jamais trouvé nécessaire de dialoguer avec son peuple. Ce régime considère d’ailleurs que la tripartite ne le concernait pas, d’où la non application systématique de tous les accords de la tripartite. De même, les Camerounais trouvent incongru qu’un individu parle de dialogue au même moment où il assassine activement les Camerounais.

Ainsi, ces experts en communications de nos bars, bien qu’imbibés d’alcool, ont donc une lecture très lucide de la situation. Ce qui est une indication de la gravité de la situation puisque même le discours le plus anesthésiste qu’est l’alcool n’arrive pas à détourner les Camerounais. Et les Camerounais ont raison : le dialogue entre le régime de Yaoundé et le peuple Camerounais est impossible.

A titre d’illustration, pensez-vous qu’il peut y avoir un dialogue entre d’une part un prince des colonies qui vit luxueusement dans un hôtel ou un appartement à Genève où il se gave de champagnes et d’autre part un Camerounais moyen qui, pour étancher sa soif, doit parcourir des kilomètres pour parvenir à un point d’eau où il doit discuter l’eau boueuses avec les crocodiles et les hyènes ? Pensez-vous vraiment qu’il peut avoir un dialogue entre ces deux personnes ? Je ne le pense pas.

C’est face à cette impossibilité qu’il faut rester lucide. Les Camerounais ont déjà condamné le régime Biya. Le seul point au menu d’un dialogue avec ce régime est le degré de magnanimité du peuple Camerounais par rapport aux sanctions qui oscillent dans une plage assez large qui part d’une retraite dorée jusqu’à la pendaison haut et court. C’est à ce propos qu’il faut rappeler que le Président Maurice Kamto est certainement l’un des mieux placés pour trouver les bases juridiques pour permettre au régime une retraite ou une protection la moins tumultueuse possible.

Source : Camerounweb.com

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