Sénégal : Momar Seyni Ndiaye analyse les enjeux de la Présidentielle pour le candidat Macky Sall

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La tournure de l’élection présidentielle demeure un grand mystère pour les partis et candidats à la conquête du pouvoir. La posture de favoris de la coalition Benno Bokk Yaakar, au pouvoir, semble également incertaine. «Il y a une érosion électorale de la coalition,… de 65% à aujourd’hui officiellement 49 %, c’est 16 points qui sont perdus, c’est une véritable dégringolade», déclare le professeur Momar Seyni Ndiaye, journaliste et analyste politique, invité ce mardi dans l’émission L’essentiel sur la Sentv.

Si la finalité de toute coalition politique est de rester le plus longtemps possible au pouvoir, en ce qui concerne Benno, elle semble bien tenir mais, «elle n’est pas à l’abri des secousses telluriques qui ont marqué véritablement les coalitions dans le passé», constate M. Seyni Ndiaye. «Les élections législatives ont montré que sur 45 départements, la coalition à un majorité relative dans 16 départements, sur les 29 autres, la coalition est minoritaire», rappelle-t-il.

L’élection présidentielle es différente des autres élections, car une et une seule personne se présente devant le peuple pour solliciter sa confiance. Cependant, «si les élections législatives se confirment, Macky Sall va au 2e tour» durant l’élection présidentielle à venir, analyse le journaliste politique.

Les prévisions de l’analyste politique expliquent certainement les opérations de séduction déployées par le président Macky Sall à l’égard de certains de ses anciens camarades du Pds. Ainsi plusieurs anciens camarades de parti ont transhumé et rallié la coalition Benno Bokk Yaakar. On peut citer Mamadou Diagne Fada, Souleymane Ndéné Ndiaye, Serigne Mbacké Ndiaye, Sada Ndiaye et Awa Ndiaye entre autres. Or cette incitation à la transhumance peut avoir le contraire des effets escomptés. Macky Sall commet les mêmes erreurs que par le passé en intégrant les transhumants, jusqu’à créer un sentiment de frustration et de colère dans son propre parti, affirme Momar Seyni Ndiaye.

«L’Apr est en train de créer les conditions de frustration qu’a connu le Ps, que le Pds a connu et que l’Apr est entrain de connaitre» ; ce qui fait qu’aujourd’hui, «l’image du président est erronée», ajoute-t-il.

Il semble tout de même difficile pour le régime de se tirer d’affaire pour les échéances électorales à venir. «On a le sentiment que les Sénégalais sont fatigués. Ce sentiment c’est qu’il y a des difficultés et que la pauvreté n’a pas baissé», explique l’analyste politique.

Pourtant sur le plan économique, des efforts ont été faits par le régime en place avec une croissance de 7% enregistrée au cours de l’année 2017. Et des investissements structurels massifs sont mis en œuvre pour mieux stimuler la croissance et créer de la richesse. Mais, «la croissance et l’investissement n’ont pas de répercussion dans le panier de la ménagère», se désole Momar Seyni Ndiaye, avant d’ajouter que «le Pse, même si c’est un bon référentiel, les effets ne seront sentis que dans 10 ans».

De plus avec les moult poursuites judiciaires déclenchées par le régime depuis son avènement au pouvoir marqué surtout par le procès de Karim Wade et la tournure prise par celui de Khalifa Sall, l’analyste politique Momar Seyni craint que «l’excessif judiciarisation des rapports va causer problème au régime de Macky Sall».

Bref la gouvernance Macky rappelle les pratiques des régimes antérieurs. Ainsi, «sur beaucoup de ruptures promises, il n’y a pas eu gain de cause», déplore Momar Seyni Ndiaye.

Source : SeneNews.com

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