Salariés, ils se sont reconvertis pour être (enfin) heureux

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De l’audace, beaucoup d’obstination, parfois un peu de chance… et du travail. Voici comment ils et elles ont réussi leur reconversion, pour, enfin, se sentir bien dans leur job. Témoignages.

Fabrice, 42 ans : “A l’époque de l’explosion d’Internet, au début des années 2000, je végétais dans un job administratif quand J’ai démissionné pour rejoindre une start-up, comme chef de projet. J’y suis allé au bluff et me suis retrouvé à parler de langage C++ avec des geeks, moi qui savais à peine déviruser mon PC ! Pendant deux ans, j’ai assuré l’interface entre notre équipe technique et des DSI clients qu’il me fallait rassurer. Mon numéro d’imposteur s’est terminé quand la boîte a mis la clé sous la porte.”

Lionel, 38 ans : “Ma plus grande réussite ? Avoir enfin rompu avec le schéma familial : “Sois fonctionnaire et tais-toi !” J’ai quitté un poste d’assistant de communication chez France Télécom pour monter une biscuiterie avec un CAP de cuisine en poche !”

Virginie, 50 ans : “Je viens de fêter mes 15 ans d’activité libérale en tant que négociatrice en prêt immobilier. Une grande fierté ! Ce n’était pas gagné : de 15 à 35 ans, je bossais… dans un salon de coiffure. Je me suis reconvertie, en autodidacte.”

Françoise, 51 ans : Alors que je m’ennuyais dans la bancassurance, j’ai eu l’occasion de manager une équipe de 12 personnes pour lancer un ballon captif, au dessus du parc André-Citroën, à Paris. Ce fut génial, excitant, et couronné d’un grand prix Top Com. Une façon de prendre… de la hauteur ! Surtout, ça m’a permis de m’éloigner des terrains gris de la finance. Depuis, j’ai créé une agence qui cartonne.”

Martin, 31 ans : “J’étais le seul salarié d’une association culturelle, un poste dans lequel j’ai tout appris par moi-même. Non seulement je cumulais les tâches (compta, communication, contrats…), mais, en plus, j’avais un boss tyrannique qui me mettait sous pression. Un jour, j’ai dit ses quatre vérités au DG, en envoyant tout balader. Le soir même, je m’offrais une bouteille de champagne pour fêter le courage qu’il m’avait fallu pour dire “stop !”.”

Alexandra, 45 ans : “J’ai débuté comme vendeuse dans une société de vente de bijoux fantaisie et j’ai fini par en devenir la responsable du visual merchandising. Avec patience, j’ai monté les échelons. Il m’a fallu améliorer mon anglais, afin de traduire les guidelines pour l’étranger, et parfaire mes connaissances en informatique. Le tout s’est fait avec le temps et grâce à ma soif d’apprendre.”

Jeanne, 52 ans : “Le jour où j’ai fait embaucher en CDI une femme de 58 ans.”

Florian, 41 ans : “Issu d’un milieu social très modeste – il n’y avait pas de livres chez moi –, je suis arrivé à Paris à la fin des années 1990. Mes potes de fac me complexaient terriblement. Je me suis alors “révolté”, en redoublant de travail. Ma revanche sociale, je l’ai eue en 2005, en obtenant une agrégation d’histoire. J’enseigne désormais dans un lycée de l’Ouest parisien, tout en préparant une thèse sur Henri II. Seul, par moi-même. Comme toujours.”

Hélène, 40 ans : “Après une carrière de huit ans dans la communication culturelle, j’ai décidé de passer un CAP de tapissière. Une résurrection ! “

Lorenzo, 36 ans : “Je souffre d’hyperacousie : un stylo qui tombe, la sonnerie d’un portable, un iPod mal réglé, un coupe-ongles en action… ce genre de sons me rend dingue. Il m’a fallu soigner et apprivoiser ce trouble. Aujourd’hui, je suis hôte d’accueil dans un aéroport, donc très exposé au bruit. Bien accompagné, j’ai pourtant réussi à me dominer. Et à ne presque plus entendre un stylo qui tombe.”

Gaël, 46 ans : “ Pendant quinze ans, j’ai travaillé sans compter mes heures. Plus je bossais, plus je gagnais. Enivrant. Épuisant. En 2014, j’ai fait un mini-burnout au bureau. Le Samu est venu me chercher. Cette grosse secousse m’a fait découvrir une chose : la vie est courte. Autrefois, en sortant tard du travail, hagard, je croisais des gens qui allaient au cinéma ou au restaurant. A présent, je suis devenu comme eux. Et je profite enfin de mes enfants.”

Charline, 41 ans : “C’est un classique. Après quinze ans dans la pub à Paris avec mon mari, nous avons racheté, sur l’Île de Ré, un hôtel-restaurant de 20 chambres, le resto servant jusqu’à 400 couverts par jour. Un immense changement de vie ! Huit ans plus tard, nous ne regrettons rien, émerveillés encore de notre prise de risque. Tout n’a pas été facile, mais quel bonheur de travailler et de vivre dans un endroit qui nous ressemble !”

Corinne, 49 ans : “Il y a cinq ans, ma mère âgée de 80 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer, commençait à se perdre. J’ai cherché un pendentif identifiable (joli et non stigmatisant) sur lequel faire graver ses coordonnées afin d’être joignable en cas d’urgence. Mais rien de tel n’existait en France. J’ai alors eu l’idée de créer une société spécialisée dans les bijoux d’identité médicale, qui s’appelle ID-VIE. Ma mère n’est plus là, mais l’histoire continue.”

afrik53.com

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