Officiel: Louise Mushikiwabo, une survivante du génocide rwandais, nouvelle Secrétaire général de la Francophonie

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Quatre ans après le départ d’Abdou Diouf, l’Afrique revient à la tête de la Francophonie.

La ministre des affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, a été nommée ce vendredi comme Secrétaire générale de la Francophonie, face à la sortante la canadienne Michaëlle Jean.

C’était en marge du Sommet de l’organisation qui se tient en Arménie.

QUI EST LOUISE MUSHIKIWABO?

Louise Mushikiwabo, 57 ans, dirigeait jusque-là la diplomatie de son pays, depuis neuf ans. Mais c’est une femme qui revient de loin. Avant sa brillante carrière politique sous l’aile du Président du Rwanda, Paul Kagamé, la nouvelle patronne de la Francophonie a connu un passé très douloureux. 

« La vie de Louise Mushikiwabo est marquée par toutes les tragédies qui ont secoué le Rwanda le demi-siècle passé. Elle naît en 1961 dans une famille de petits propriétaires terriens, au moment même où commencent les persécutions à l’égard des Tutsi », écrit notre confrère Le Monde dans un portrait qui lui a été consacrée.

« Elle n’en réussit pas moins à passer le bac et devenir professeure d’anglais. Grâce à une bourse, elle part ensuite en 1986 aux Etats-Unis pour faire des études d’interprétariat. Un exil qui lui sauve la vie. La plupart des membres de sa famille n’ont pas réussi à échapper, en 1994, aux machettes et aux balles des extrémistes hutu. Son frère Landoald Ndasingwa, grande figure de l’opposition libérale, fut l’une des premières victimes du génocide. « C’est une survivante, elle en a l’efficacité et la détermination », souligne une universitaire qui la connaît bien. Le génocide n’a cessé de la hanter. Avec Jack Kramer, journaliste et ancien marine, elle y a consacré un ample récit, Rwanda Means the Universe : A Native’s Memoir of Blood and Bloodlines, publié en 2006″, ajoute la source.

Qui conclue: « En 2008, Louise Mushikiwabo décide finalement de revenir au pays. Après un bref passage en Tunisie comme directrice de la communication de la Banque africaine de développement, elle intègre le gouvernement rwandais, comme ministre de la communication puis comme chef de la diplomatie de Paul Kagame. Fidèle parmi les fidèles de l’homme fort de Kigali même si elle n’a jamais été membre du Front patriotique rwandais, le parti-Etat régnant sans partage, elle serait l’une des rares à bénéficier de sa totale confiance. D’aucuns voient même en elle une possible successeure si le maître du pays – qui selon la Constitution amendée à sa main peut rester au pouvoir jusqu’en 2034 – décidait de se mettre en retrait ».

Jean OLOHOU, Afrique Connection

AfriqueConnection

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