Muhammadu Buhari peut-t-il espérer un second mandat pour diriger le Nigeria ?

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Abuja (© 2018 Afriquinfos)-Muhammadu Buhari, le candidat de 75 ans, qui représentera les couleurs de son parti l’APC, pour la présidentielle de février 2019, s’est engagé à mettre les bouchées doubles pour éradiquer la corruption, améliorer la situation sécuritaire et diversifier l’économie du géant ouest-africain.

L’actuel président nigérian qui envisage briguer un nouveau mandat à la tête du pays l’an prochain, a marqué l’histoire politique de son Etat en devenant en 2015 le premier candidat de l’opposition à battre un président sortant par les urnes.

En Mai la côte de popularité de M. Buhari a chuté à 41%  contre 80% en octobre 2015, ceci tandis que son mandat de quatre ans touche à sa fin, d’après une enquête de l’institut NOI Polls.

Ancien général putchiste, il avait dirigé le Nigeria une première fois entre 1984 et 1985, avant d’être élu président en 2015, lors d’un scrutin historique, où l’opposition avait remporté sa première victoire depuis l’ouverture du Nigeria à la démocratie en 1999.

C’était la 4ème fois qu’il se présentait au poste suprême. Ses promesses de lutter contre la corruption endémique dans le pays et contre le groupe jihadiste de Boko Haram avaient finalement séduit les électeurs.

Mais sa présidence aura été ternie, dès le début de son mandat, par des inquiétudes sur ses capacités physiques et intellectuelles à gérer un pays de 180 millions d’habitants qui était, jusqu’en 2016, la 1ère économie du continent africain.

L’an dernier, Buhari a passé presque six mois à l’étranger pour se faire soigner d’une grave maladie non révélée au public, alors que le Nigeria se débattait pour sortir de la récession et que les violences intercommunautaires se propageaient dans tout le pays.

Une fois élu, ce musulman originaire de Daura (nord), présenté comme un homme intègre, a également mis des mois à nommer un gouvernement et a été attaqué à de multiples reprises pour ses politiques économiques peu orthodoxes.

La décision des autorités nigérianes de maintenir le naira – monnaie nationale – à un taux artificiellement élevé a aggravé la pénurie de devises étrangères provoquée par la chute des cours du baril.

Pour réduire la dépendance du pays au pétrole, Buhari a mis la priorité sur l’agriculture, afin de booster la croissance. Mais ces efforts ont été entravés par le conflit pastoral entre agriculteurs sédentaires et agriculteurs chrétiens dans le centre du pays.

Début octobre, la Banque mondiale a abaissé ses prévisions de croissance pour le Nigeria cette année de 0,2 point, à 1,9%.

Quant à la lutte anti-corruption, le zèle du président à recouvrer les fonds publics détournés et à traduire en justice les responsables est surtout vu comme une chasse aux sorcières ciblant ses opposants.

Pour ses détracteurs, son style de gouvernance actuel rappelle l’époque où il dirigeait une junte militaire et jettait en prison ceux qui osaient le critiquer trop bruyamment, comme – entre autres – la légende de la musique afrobeat, Fela Kuti.

Il appartiendra aux Nigérians de décider, en février prochain, s’ils veulent lui accorder ce temps-là.

Xavier-Gilles CARDOZZO

 

Afriquinfos.com

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