Marseille, Liverpool, Naples… Cette vague de ferveur qui déboule sur le printemps européen

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A cause du PSG, de Manchester City, du Bayern et (bientôt) du Barça, quatre des cinq grands championnats européens ont déjà livré leur verdict, ôtant du même coup une grande partie du suspense qui accompagne en général les fins de saisons. Pourtant, grâce à trois autres équipes, un vent de fraîcheur souffle sur l’Europe du foot en ce printemps. Ces trois équipes, ce sont Marseille, Liverpool et Naples. Trois clubs, trois villes, qui ont bien des points communs.

Le PSG qui glane son cinquième titre en six ans à cinq journées de la fin. Le Bayern Munich qui fait encore mieux en étant couronné une sixième fois de suite également à cinq journées du terme de la Bundesliga. Manchester City qui écrase tout en Angleterre et plane toute la saison sur la Premier League pour finalement décrocher le sacre à quatre étapes du but. Question suspense, les grands d’Europe n’ont pas fait preuve d’une grande imagination cette saison.

Et ce n’est pas le FC Barcelone, en passe d’être titré avec onze points d’avance sur l’Atlético Madrid (et un match en moins) à quatre journées de la fin, qui va rehausser le niveau. Autant dire que l’ennui guette les amoureux européens des dernières lignes droites enflammées. Même si la perspective de la Coupe du monde maintient en éveil…. Pourtant, un vent de fraîcheur souffle bel et bien sur le Vieux Continent depuis le début du mois d’avril. Et ce, grâce à trois formations historiques: Marseille, Liverpool et Naples. Générateurs d’émotions et fournisseurs officiels de matches inoubliables depuis le début du printemps, ces trois clubs présentent des caractéristiques similaires et de nombreux points communs: ils s’appuient sur une ferveur populaire incroyable, ils offrent un style de jeu qui fait vibrer et ils sont tous en quête de leur lustre passé. Un enthousiasme qui fait vraiment du bien à l’heure des titres joués d’avance et des stades aseptisés.

UNE FERVEUR

En l’espace d’un peu moins de trois semaines, trois secousses telluriques ont été ressenties sur l’Europe. D’abord le 4 avril dernier au bord de la Mersey. Dans un stade d’Anfield dont la réputation n’est plus à faire, les Reds ont renversé l’ogre de Manchester City (3-0) en quart de finale aller de la C1, un peu à la surprise générale avouons-le. Et comme aux plus belles heures de Liverpool, le public a joué un rôle majeur. Notamment au cours d’un avant-match à frissons que la cité du nord-ouest de l’Angleterre n’est pas près d’oublier grâce à l’incroyable haie d’honneur réservée aux deux équipes aux abords du stade. Pour mettre la pression – voire intimider – dans un cas, pour pousser à l’impossible dans l’autre.

Et que dire de Naples? Célèbre pour son Vésuve, la cité napolitaine est effectivement entrée en éruption dimanche soir. Vainqueur sur le terrain de la Juve, le Napoli a décroché le titre de champion d’Italie? Même pas. Il est ‘‘seulement’’ revenu à un point de la Vieille Dame, symbole justement de ces clubs qui écrasent tout (six Scudetti depuis 2012!) et qui tuent tout suspense. Dans une ambiance là encore proche de l’hystérie, les joueurs ont largement fêté leur victoire avant d’être accueillis par des milliers de tifosi à l’aéroport. Une fête gigantesque que seule Naples la passionnée peut générer.

UNE QUÊTE

Si beaucoup pourraient juger ces manifestations populaires excessives, elles apparaissent pourtant bien légitimes. Ces trois villes sont dingues de foot. Comme beaucoup d’autres, certes. Mais peut-être un peu plus que les autres. Surtout, elles n’en peuvent plus d’attendre le retour de leur lustre d’antan. Sacré 18 fois champion d’Angleterre, Liverpool, qui n’a remporté qu’une Coupe de la League depuis dix ans, attend la 19e couronne depuis… 1990. Une éternité. Alors certes, pour cette année, c’est encore raté. Mais une Ligue des champions ne se refuse pas. Cinq fois vainqueurs de la C1 – la dernière en 2005 – les Reds n’ont plus atteint le dernier carré depuis dix ans. Là encore une éternité.

Du côté de Marseille, le dernier titre de champion de France remonte à 2010. Certes, il y a bien eu trois Coupes de la Ligue de suite, de 2010 à 2012, et quelques trophées des champions, mais le rendement est bien insuffisant aux yeux du peuple marseillais et rien ne vaut la Ligue 1 ou, peut-être encore plus, la Coupe d’Europe. Seul club français de l’histoire vainqueur de la C1, l’OM a une histoire particulière avec l’Europe et a vécu ses plus belles émotions sur la scène continentale (trois autres finales perdues). Inatteignable actuellement, l’Hexagoal attendra. Et pour patienter, Marseille se satisfera pleinement de retrouver les sommets via la Ligue Europa.

Naples n’a pas un palmarès aussi fourni que l’OM ou Liverpool. Avec deux Scudetti, une Coupe de l’UEFA et 5 Coupes d’Italie, la carte de visite du Napoli n’est probablement pas à la hauteur de la ferveur qu’il suscite. Mais aujourd’hui, là aussi, c’est l’attente qui commence à peser sur les esprits napolitains et qui provoque un tel engouement spontané. Vingt-huit ans après le deuxième titre de champion d’Italie, Naples se met à rêver dans un pays où la domination nationale est probablement plus importante qu’une victoire en Coupe d’Europe. Alors il y a bien eu deux Coupes d’Italie ces dernières années (en 2012 et 2014) mais ça ne suffit plus à la troisième ville d’Italie.

UN STYLE DE JEU

Au-delà de la ferveur de ses supporters, c’est aussi la qualité de jeu qui permet à ces trois clubs d’asseoir leur popularité et d’obtenir un beau capital sympathie en ce printemps 2018. Emmené par un joueur d’exception qui profite de cette saison pour se révéler au très haut niveau, Liverpool propose un jeu flamboyant et spectaculaire concocté par l’Allemand Jurgen Klopp. En chef d’orchestre, l’Egyptien Mohamed Salah (46 matches, 41 buts toutes compétitions confondues), élu joueur de l’année outre-Manche, a ainsi égalé le record du nombre de buts en Premier League (31) et pourrait même l’améliorer dans les prochains jours. Avec 80 buts marqués en Premier League, le LFC possède la deuxième attaque derrière l’ogre City (98).

A Marseille, là encore, le collectif de Rudi Garcia propose un football offensif qui réjouit le Vélodrome. Surtout, les Marseillais le pratiquent sans retenue et n’hésitent pas à prendre des risques avec une attitude volontaire qui plaît beaucoup. Exactement le visage affiché lors de la désormais fameuse victoire face à Leipzig. Mal en point après avoir concédé l’ouverture du score, l’OM n’a pas renoncé et n’a cessé d’y croire. L’attitude idéale pour gagner des points de popularité. Sûr de ses forces et de ses capacités offensives, le Marseille made in Garcia étonne depuis deux mois. Et, là encore, il peut s’appuyer sur des joueurs offensifs en pleine réussite tels Florian Thauvin, Dimitri Payet, voire Kostas Mitroglou depuis le début de l’année.

 Même si c’est peut-être un peu moins vrai ces derniers temps (de la rigueur à l’appel des cimes?), le Naples de Maurizio Sarri (59 ans), arrivé à la tête du Napoli en 2015, est devenu en moins de trois ans l’équipe la plus enthousiasmante et ludique de Serie A. Dans un 4-3-3 très agressif et vivace, des individualités émergent et portent leur équipe à l’image du Belge Dreis Mertens (17 buts, 6 passes décisives en Serie A), de l’Italien Lorenzo Insigne (8 buts, 9 passes) et de l’Espagnol Jose Callejon (9 buts, 13 passes décisives). Naples, Liverpool, Marseille, trois équipes marquées du sceau du beau jeu, trois équipes qui ne calculent pas (trop), trois équipes qui font plaisir à voir. Pourvu que ça dure.

 rmcsports

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