Les vœux des chefs d’État africains pour 2017

148

Tradition oblige, ce début d’année est marqué par les vœux de différents chefs d’État à leur peuple. De Mohammed VI à Ali Bongo Ondimba en passant par Alassane Ouattara, petite sélection non-exhaustive des souhaits présidentiels et monarchiques pour 2017.

  • Paul Biya

Confronté à la grogne de la population anglophone du pays, le président du Cameroun a noté que cela avait pu « fragiliser les fondements même de notre vivre ensemble ». Mais il a rappelé que « le Cameroun est un pays plus que jamais debout. Un pays un et indivisible, fier de sa diversité culturelle » et « engagé à construire une nation unie, inclusive et bilingue ».

Paul Biya a également eu une pensée pour « nos soldats et nos citoyens civils tombés pour la défense de la patrie tout au long de l’année », mais aussi pour les victimes de la catastrophe d’Eseka. « C’était un moment de grande douleur pour la nation entière. Notre peuple a su faire preuve de solidarité dans ce drame », a-t-il dit.

  • Béji Caid Essebsi 

Qualifiant l’année 2016 de « difficile à bien des égards », le président tunisien Béji Caid Essebsi a dénoncé « l’agitation créée sciemment sans une lecture objective des données » au sujet du possible retour de terroristes tunisiens au pays. Il a également affirmé qu’une normalisation des relations entre la Tunisie et l’État d’Israël « ne se produira jamais », démentant ainsi les rumeurs à ce sujet.

  • Yahya Jammeh

Le président gambien, qui après avoir reconnu sa défaite à la présidentielle du 1er décembre est revenu sur sa décision, a prononcé à la télévision nationale gambienne un discours incisif. « Défendre notre indépendance et notre souveraineté totale est un devoir envers tous les Gambiens patriotiques, plus encore les Forces armées de Gambie », a-t-il martelé.

Yahya Jammeh précise également qu’il est « prêt à défendre » son pays « contre toute agression », notamment de la part de la Cédéao qu’il attaque : « La décision de la Cédéao (…) est en effet une déclaration de guerre et une insulte à notre Constitution ».

  • Joseph Kabila

Après la signature de l’accord politique global et inclusif entre gouvernement et opposition, Joseph Kabila est bien évidemment revenu dessus lors de ses vœux à la nation. Selon lui, il y a trois défis majeurs pour 2017 : « La consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité politique ; la reprise de la stabilité économique et monétaire ; et la poursuite sans désemparer du processus électoral déjà engagé, avec en toile de fond, l’organisation des élections attendues, conformément au calendrier de la CENI ».

En attendant un « rendez-vous historique avec le peuple souverain », Kabila a rappelé que « seul notre peuple dans sa souveraineté devra demeurer la source du pouvoir dans notre pays, par la voie des urnes, conformément aux prescrits pertinents de la Constitution ».

  • Roch Marc Christian Kaboré

Frappé par l’attentat de Ouagadougou, par des attaques contre ses forces de l’ordre et par une tentative de coup d’état déjoué, le Burkina Faso a été particulièrement mis à l’épreuve en 2016, qui « aura été une année éprouvante » a reconnu Roch Marc Christian Kaboré lors de ses vœux à la nation.

Dans son allocution du 31 décembre, le président burkinabé a insisté sur la sécurité du pays, en rappelant « aux populations l’impérieuse nécessité de coopérer avec l’armée et nos forces de sécurité » dans cette période.

La population doit, selon lui, « faire corps avec notre vaillante armée nationale et nos forces de sécurité, les soutenir au mieux » et « être beaucoup plus vigilante que par le passé pour dénoncer nos ennemis et nous permettre de mieux les traquer ».

  • Mohammed VI 

Le roi du Maroc a lui « bon espoir de voir tournées les pages de violence, de conflits et de crises » de l’année passée. Le souverain chérifien souhaite donc pour 2017 « relever les multiples défis inhérents, en particulier, au développement humain et durable, et à la lutte contre toutes les formes d’extrémisme et de terrorisme, afin d’assurer à nos peuples le progrès et le bien-être ».

  • Ali Bongo Ondimba

Après une élection présidentielle marquée par des soupçons de fraudes, le président réélu a stigmatisé « une campagne électorale marquée par des discours de haine, et par une situation postélectorale qui a atteint des niveaux de tension inacceptables pour notre peuple ».

Après cette élection tendue, le souhait de Ali Bongo Ondimba pour 2017 est de panser les blessures du Gabon. « Il nous faut (…) panser nos plaies et reconstruire ensemble, le lien social et le vivre ensemble ». Mais aussi « consolider la solidarité nationale mise à rude épreuve par l’égoïsme, l’égocentrisme et le tribalisme » et « consolider notre pluralisme par le dialogue et l’inclusion ».

  • Alassane Dramane Ouattara

Lors de ses vœux, le président ivoirien s’est réjoui d’avoir réussi à instaurer la IIIe République, qui « consolide la démocratie et la cohésion sociale et contribue au renforcement de nos institutions. Nous pouvons être fiers de l’évolution démocratique de notre pays », a-t-il dit au peuple de Côte d’Ivoire, se déclarant « convaincu que ces évolutions institutionnelles renforcent la stabilité politique » du pays.

Mais le président n’a également pas manqué de féliciter les athlètes olympiques et leur réussite à Rio : « Je vous exhorte aussi, chers jeunes, à vous inspirer de nos athlètes Ruth Gbagbi, Fatimata Diasso et Cheick Cissé« .

  • Macky Sall 

Dans son discours pour 2017, le président sénégalais a insisté sur la place des femmes « endurant toutes sortes de corvées insupportables. Je trouve injuste qu’au XXIe siècle, nos mères, nos épouses, nos sœurs et nos filles continuent d’exécuter des tâches d’un autre âge. J’ai à cœur de réparer les grandes injustices qui pénalisent des millions de Sénégalaises ».

Macky Sall s’est aussi « réjoui de nos acquis dans la quête d’une paix durable en région naturelle de Casamance. » Mais il n’a pas non plus oublié d’évoquer la situation postprésidentielle en Gambie : « Je voudrais aussi réitérer notre soutien et notre solidarité à nos frères et sœurs de la Gambie, pour une transmission pacifique du pouvoir, conformément au choix qu’ils ont librement exprimé à l’élection présidentielle du 1er décembre 2016. » 

  • Denis Sassou Nguesso

Réélu en 2016 après avoir porté un référendum pour modifier la Constitution – et se présenter pour un nouveau mandat – le président du Congo n’a pas manqué de s’en félicite, l’État ayant accordé selon lui « la priorité au cœur de l’Exécutif : le président de la République a été élu ». Une élection qui confirme au yeux de Denis Sassou Nguesso « la pleine adhésion aux nouvelles institutions » du peuple.

Mais le président qui cumule 32 années de pouvoir jure que 2017 sera « l’année de la rigueur et de la vérité », une « rigueur pour tous », et notamment « pour le gouvernement qui doit donner l’exemple ».

Jeune Afrique

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here