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Le Salvador, l’un des pays les plus mouvementés au monde

Situé en Amérique latine, le Salvador en est le plus petit Etat, mais aussi et surtout, le plus densément peuplé et l’un des plus violents. Dans ce pays profondément marqué par la pauvreté, les gangs font la loi et les catastrophes naturelles ne manquent pas à l’appel. Plus de détail dans cet article sur ce pays dont on parle très peu.

C’est en 1821 que le Salvador acquiert son indépendance. Mais plutôt que d’apporter le développement, l’indépendance a conduit le pays dans les méandres des dictatures militaires qui se sont succédées à volonté. Les cas sont légions.

En 1932, des paysans, lassés par la misère qui les écrase, décident de se soulever contre le régime de Maximiliano Hernandez Martinez. La réponse des militaires est tout, sauf tendre ; plus de 30.000 contestataires sont massacrés.

37 années plus tard, soit en 1969, un autre événement vient entacher l’histoire du Salvador. Un match de football comptant pour la demi-finale de qualification de la zone CONCACAF pour la Coupe du monde au Mexique oppose le Salvador au Honduras. Le face-à-face se termine par la victoire du Salvador, 3 buts à 2.

Mais la suite s’avère tragique. Sur fond de xénophobie et de chauvinisme exacerbés, le Honduras, qui soutient que ‘‘les immigrés viennent piquer notre travail !’‘, expulse plus de 300.000 Salvadoriens dans un contexte de violence tous azimuts. Bilan, au moins 5.000 Salvadoriens tués en seulement quelques jours de conflit.

Des dictatures militaires qui s’enchaînent au fil des années

La fin des années 1970 n’est pas non plus de tout repos pour les Salvadoriens. La guerre qui oppose les groupes paramilitaires d’extrême droite, les groupes armés d’extrême gauche et l’armée fait rage. En octobre 1979, plusieurs régimes militaires plus tard, le général Carlos Humberto Romero est éjecté du fauteuil suprême par des officiers qui installent une junte militaro-civile.

Les violences et les inégalités sociales se poursuivent tout de même. Mais c’est l’assassinat de l’archevêque de San Salvador, Mgr Oscar Arnulfo Romero, défenseur des droits humains le 24 mars 1980, qui ouvre les portes à une autre guerre civile. Celle-ci met aux prises les autorités et la guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN, mouvement d’extrême gauche). Cette guerre ultra violente fait 75.000 morts et au moins 7.000 disparus. Elle prend fin en janvier 1982, le FMLN se mue en partie politique et Mgr Romero est canonisé par l’Eglise catholique en 2018.

Le cas du Salvador n’est pas isolé en termes de pays violent. Avec le Honduras et le Guatemala, deux pays voisins, il constitue la zone la plus violente de la planète, si l’on ne prend pas en compte les régions marquées par les conflits.

51 meurtres pour 100.000 habitants

Les chiffres sont largement évocateurs ; l’année 2018 a enregistré une baisse des homicides à 15 %. Mais il ne faut pas vite crier victoire, puisque le taux de criminalité reste élevé avec 51 meurtres pour 100.000 habitants. Parmi les causes de ces nombreux crimes, les gangs.

Ces derniers, à l’instar des groupes extrêmement violents tels que Mara Salvatrucha (MS-13) et Barrio 18, font la pluie et le beau temps dans divers endroits du pays. Ces gangs se caractérisent par le trafic de drogue et le racket, entre autres, et revendiquent 70.000 membres. Environ 17.000 d’entre eux croupissent en prison.

Toute cette violence, ajoutée à l‘écrasante misère, pousse des milliers de Salvadoriens vers l’eldorado que constitue à leurs yeux les Etats-Unis. D’où la tension qui prévaut entre le pays de Donald Trump et de nombreuses nations sud-américaines. D’ailleurs, le président américain a décidé de construire un mur à la frontière mexicaine pour bloquer ou, à défaut, contenir les migrants venus d’Amérique centrale.

30 à 50 ans de prison pour une fausse couche

Le Salvador, tout comme l’Equateur, fait partie des pays les plus intransigeants au monde en termes de non légalisation de l’avortement. En 1973, le Salvador légalise l’avortement, avant de faire machines arrière toutes en 1998. Dans ce pays, pas question de pratiquer l’avortement, même en cas de viol ou d‘éventuels dangers pour la femme enceinte (risque de décès de la mère pendant l’accouchements ou risque de mort pour le bébé, etc).

L’avortement est sanctionné par une peine de 2 à 8 ans de prison dans le petit Etat centraméricain. Mais il y a pire ; au Salvador, si une femme enceinte perd son bébé, même accidentellement, elle sera jetée derrière les barreaux pour… 30 à 50 ans de prison. Cela est considéré par les juges comme un “homicide aggravé”.

Teodora Vasquez a fait les frais de ce code pénal aux contours carrés. Cette femme a passé onze années de sa vie en prison pour fausse couche. Finalement, plusieurs pressions internationales plus tard, sa peine a été commuée.

Toute cette situation déjà peu enviable n’empêche pas le Salvador d‘être sur la liste des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles, à l’instar de l’Indonésie. D’une superficie d‘à peine 20.742 km2 pour une population de 6,37 millions d’habitants (chiffre fourni par la Banque mondiale en 2017), le petit pays se trouve sur la tristement célèbre “Ceinture de feu du Pacifique”, une zone qui connaît une forte activité sismique et qui est régulièrement exposée aux cyclones.

Il y a 32 ans, le 10 octobre 1986, au moins 1.500 personnes mouraient au cours d’un séisme. Le même scénario se répéta en 2001. Cette année-là, deux tremblements de terre laissaient dans leur sinistre sillage des centaines de morts et plus de 4.000 disparus.

Source : africanews.com

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