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‘Le Cameroun a un contentieux avec la France et personne ne peut le nier’

En suggérant cette proposition pour régler la crise anglophone, le président national du Mouvement citoyen et vice-président de l’Alliance patriotique, appelle les Camerounais à ne pas oublier le sacrifice de leurs martyrs.

Quel est le sens que vous donnez à cette journée commémorative (25 mai dernier, Ndlr), 64 ans après l’assassinat le 25 mai 1955, des martyrs camerounais par les forces d’occupation françaises ?

Nous voulons dire au peuple camerounais de ne pas oublier ce qu’il s’est passé, parce que les conséquences et les crises que nous vivons actuellement, ont leur origine dans cette violence que la France nous a imposé. De plus, elles sont liées à l’exclusion du champ politique de l’Upc (Union des populations du Cameroun, Ndlr) par la France. Figurezvous que les accords dont on parle aujourd’hui, en 1961, l’Upc ne faisait pas partie de ceux qui ont discuté de ces accords. Parce que la politique de la France ne permettait pas à l’Upc d’avoir une quelconque manoeuvre dans la lutte pour l’indépendance du Cameroun. L’Upc voulait par exemple, qu’il y ait d’abord la réunification du Cameroun avant l’indépendance. Et ça n’arrangeait pas la France. La France a donné l’indépendance avant qu’il y ait la réunification. Et actuellement, nous vivons les conséquences de ce choix égocentrique. Aujourd’hui, il y a une partie de notre peuple qui demande son indépendance. Quelles sont les conséquences de ce choix de la France ? C’est la crise dite anglophone. Et l’évolution des choses a continué d’entraîner des conséquences.

Comment pallier à cet état des choses ?

Aujourd’hui, il nous faut ce que nous appelons le dialogue national inclusif. Nous devons nous asseoir et essayer de revoir les origines des problèmes que nous avons aujourd’hui. Nous nous devons d’examiner le contentieux camerouno-camerounais. Nous ne pouvons pas traiter d’un problème, si nous ne connaissons pas ses origines.

Dans cette optique, les idées de ce dialogue ont déjà été émises. Que suggère concrètement l’Alliance patriotique ?

Le dialogue national inclusif que nous appelons de tous nos voeux doit aller de pair avec le contentieux historique franco-camerounais. Le Cameroun a un contentieux avec la France et personne ne peut le nier. Tous les accords secrets ont été signés entre la France… et la France. Parce que quand on signe ces accords-là en 1959, nous ne sommes pas indépendants. Donc, aujourd’hui, la France ne peut pas dire qu’on a signé des accords avec elle. A ce niveau- là, il y a donc matière à recherche et même matière à débat. Parce qu’aujourd’hui, qu’est-ce qui est enseigné dans nos écoles ? Comment fonctionne notre économie ? Ce sont ces accords secrets-là, toujours en vigueur, qui ne nous permettent pas d’avoir certaines aptitudes par rapport à certains problèmes que nous vivons au quotidien.

D’après vous, quelle est la place des martyrs aujourd’hui dans la société camerounaise ?

Les martyrs font partie du patrimoine de notre pays. Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandié, Félix-Roland Moumié, Osendé Afana ; ce sont des Camerounais qui sont morts pour que nous puissions, un jour, vivre mieux. Nous ne pouvons pas les oublier. Dans tous les pays du monde, on célèbre et on se souvient des martyrs. Les martyrs sont le ferment qui peut amener la jeunesse à espérer, parce que ce sont des modèles. Vous savez, vivre et mourir pour ce pays, c’est quelque chose de terrible. La jeunesse doit prendre de la graine pour pouvoir aujourd’hui, ne pas vivre, mais survivre, parce que c’est ce que fait la jeunesse camerounaise aujourd’hui.

Source : Camerounweb.com

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