La Côte d’Ivoire mauvais élève en matière de lutte contre la corruption

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Abidjan (© 2018 Afriquinfos)-La Côte d’Ivoire, sous le feu des projecteurs, présentée comme un miracle économique à plusieurs reprises par Christine Lagarde du FMI, reste gangrénée par la corruption. Ce fléau est bien masqué mais demeure et est un pilier de la pauvreté du plus grand nombre. Comme on dit, un petit groupe baigne dans le champagne alors que nombre d’habitants n’ont même pas accès à l’eau potable.

La lutte contre la corruption a été une promesse majeure d’Alassane Ouattara lors de sa campagne électorale de 2010. La mise en place de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) est l’une des matérialisations de cette promesse. Selon l’indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, le pays est passé d’une note de 22 sur 100 en 2011 (154e rang mondial) à 36/100 en 2017 (103e rang mondial) sous Ouattara. Malgré cette avancée, des scandales récurrents de corruption témoignent bien que la bataille contre la corruption est loin d’être remportée.

Le président Ouattara a hérité d’un pays où la corruption était généralisée avec pour secteurs les plus touchés les marchés publics, les concours administratifs, le racket (des policiers, gendarmes et douaniers) et la justice. En réponse, son choix d’imposer la déclaration de patrimoine à ses collaborateurs assure peu de transparence puisque les déclarations restent privées. Ainsi, le message envoyé a été la permissivité ! L’absence d’une approche cohérente dans la mise en place d’un mécanisme de lutte efficace contre la corruption demeure un handicap.

La Côte d’Ivoire mauvais élève en matière de lutte contre la corruption
La Côte d’Ivoire mauvais élève en matière de lutte contre la corruption

Aussi, le refus de Ouattara de sanctionner ses proches (Cissé Bacongo, ancien ministre de l’enseignement supérieur en 2013 ; Charles Koffi Diby, ancien ministre de l’économie et des finances, etc.) soupçonnés de corruption et de les traduire devant la justice montre la superficialité de sa lutte contre la corruption. Malheureusement, à deux ans de la fin du second mandat de Ouattara, la corruption n’a vraisemblablement pas bougé dans les secteurs qui étaient les plus touchés à son accession au pouvoir.

À sa prise de fonction, le président Ouattara a pris l’engagement de restaurer l’Etat de droit. Cet engagement demeure encore au stade des promesses. En effet, la séparation des pouvoirs n’est pas effective. L’exécutif a tout mis en œuvre pour contrôler les pouvoirs législatif et judiciaire. Le découpage des circonscriptions électorales et le nombre de députés par circonscription s’est fait en octroyant un grand nombre de députés aux zones favorables au parti présidentiel.

Ouattara a nommé des magistrats proches de son parti politique qui sont donc sous sa domination. Ainsi, la justice ivoirienne est aux ordres de l’exécutif. Huit ONG ivoiriennes et trois internationales ont adressé un courrier, le 07 mai dernier, au président Ouattara réclamant la fin de l’impunité. Le contrôle des institutions politiques et de la justice renforce le favoritisme et l’usage du pouvoir discrétionnaire. L’impunité et l’absence de reddition des comptes qui en résultent fondent malheureusement la négation de l’Etat de droit. Or, sans un Etat de droit, la lutte contre la corruption est vouée à l’échec.

Vignikpo Akpéné

 

Afriquinfos.com

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