« J’aurais pu mourir » : l’ex-femme d’un footballeur raconte son calvaire de femme battue

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« Ce n’était pas des petites gifles, mais des coups de poing dans le ventre, sur le visage, partout », raconte la jeune femme dans « L’Equipe ».

Elle a vécu l’enfer. Victime des violences physiques répétées de son ex-compagnon, un joueur de football professionnel encore en activité, « Myriam » (son prénom a été changé) a décidé de sortir du silence et de témoigner.
« Je vous ai contacté parce que j’ai peur qu’il finisse par tuer quelqu’un », a-t-elle expliqué au journal « L’Equipe », qui publie ce lundi un entretien dans lequel elle détaille son quotidien de femme battue. 
« Dès qu’on a habité ensemble, j’ai vu qu’il n’était pas très stable et qu’il était vraiment violent. C’est là qu’il a commencé à me frapper », raconte la jeune femme.

« Avec moi, il était très jaloux et pouvait changer de personnalité à tout moment. N’importe quoi pouvait déclencher sa violence… Il cherchait toujours un prétexte pour taper », se souvient-elle. 
« Et ce n’était pas des petites gifles, mais des coups de poing dans le ventre, sur le visage, partout… En plus, je dépendais complètement de lui financièrement, car il refusait que je travaille. »

« Myriam » explique également avoir été violentée sexuellement.

« Quand il me voyait pleurer après m’avoir tapée, il se rapprochait de moi, me demandait pardon, puis me forçait à faire l’amour. Je me débattais, mais je pense que ça l’excitait. Quand c’était fini, je continuais à pleurer dans mon coin. »
Malgré ces violences, « Myriam » n’a jamais trouvé la force de porter plainte contre son compagnon. « Parce que j’étais très amoureuse et que je voulais le protéger, lui et son football. J’espérais qu’il changerait », précise-t-elle.
« Il m’a fait subir tellement de choses… Aujourd’hui, je réalise que j’aurais pu mourir. »

« J’ai peur pour mon fils et moi »

Dans cet entretien, la jeune femme détaille l’emprise que cet homme avait sur lui. « Dès que mes copines m’appelaient pour me voir, il pensait qu’elles voulaient me présenter un mec. Il était parano. Je n’avais plus aucune amie. En fait, avec ces hommes-là (violents), vous avez beaucoup de cadeaux, mais vous n’êtes pas heureuse parce qu’ils vous isolent, vous enferment. Et après les coups, ils nient tout. »

Et la jeune femme de raconter cette anecdote :

« En septembre 2015, par exemple, trois jours après m’avoir violemment frappée, il m’a offert une voiture neuve comme si rien ne s’était passé. »

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C’est finalement en février 2016 que « Myriam » s’est décidée une première fois à quitter son compagnon, avant de reculer. « J’ai fait mes valises et je suis partie à la gare pour prendre un train et fuir. Il est arrivé et, devant tout le monde, il a vidé mes valises par terre. J’étais enceinte de quatre mois et il m’a mis plusieurs claques », indique-t-elle. « Plusieurs policiers m’ont entourée et dit : ‘Madame, vous allez bien ? On a vu qu’il vous a tapée et on l’a reconnu.’ J’ai quand même répondu : ‘Non, non, ce n’est pas lui.' »

« Pendant 45 minutes, ils ont essayé de me convaincre de témoigner contre lui, mais je ne voulais rien dire. Donc l’affaire a été passée sous silence. »

En juin 2016, à un mois de l’accouchement, « Myriam » a finalement été mise dehors par son compagnon, parce qu’il pensait que l’enfant qui allait naître n’était pas le sien. « Je parlerai peut-être un jour à un juge », confie-t-elle à « L’Equipe ».

« Mais j’ai peur pour mon fils et moi parce qu’il est vraiment dangereux. » 

(avec lobs)

afrik53.com

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