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Inde : les auteurs d’un viol collectif exécutés par la Justice

Les quatre auteurs d’un viol collectif en 2012 ont été pendus dans la prison de Tihar à Delhi, vendredi.

Les quatre hommes responsables du viol collectif de Nirbhaya* (« Sans peur ») à Delhi, en 2012, ont été exécutés par la justice indienne, ce vendredi heure locale. Une décision saluée par de nombreuses femmes, réunies devant la prison pour l’occasion. « Nous avons la satisfaction que ma fille ait enfin reçu justice au bout de sept ans », a déclaré la mère de la victime, rapporte le « Huffington Post ».  

Le viol de l’étudiante de 23 ans, le 16 décembre 2012, avait profondément heurté le pays et entraîné de violentes manifestations, rappelle « CNN ». Alors qu’ils rentraient d’une séance de cinéma, la jeune femme et son compagnon sont montés dans un bus, le croyant public. La victime y est violée par quatre hommes et son petit-ami passé à tabac. La jeune femme décède deux semaines plus tard, des suites de ses blessures.  

Le viol, qui a mis en lumière la récurrence des violences sexuelles à l’égard des femmes, a fait se déchirer le pays, très fortement patriarcal et sexiste. « Une fille décente ne traîne pas dehors à neuf heures du soir. Une fille est bien plus responsable du viol qu’un garçon », avait tenté de se justifier l’un des auteurs du viol, interviewé en 2015 par la « BBC ». Une justification irrecevable pour la justice comme l’atteste sa condamnation à mort. 


Une loi anti-viol 

Le viol collectif de la jeune femme avait ému jusqu’à l’Organisation des Nations-Unies. Navy Pillay, avocate sud-africaine et haut-commissaire aux droits de l’Homme a demandé l’organisation d’un « débat d’urgence », le 31 décembre 2012, rappelle « Les Inrockuptibles ». « Espérons que 2013 soit l’année où les choses changeront s’agissant des violences contre les femmes en Inde. Le public exige une transformation des systèmes qui perpétuent les discriminations à l’encontre des femmes et l’émergence d’une culture qui respecte la dignité de celles-ci dans la loi et dans les pratiques », a-t-elle plaidé.

Suite aux importantes manifestations et aux pressions mondiales, l’Inde a adopté une loi anti-viol, le 22 mars 2013. Cette loi punit très sévèrement les auteurs de cet acte. Si la victime reste en vie, l’auteur du viol est condamné à une peine de prison à perpétuité. Dans le cas contraire, l’auteur du crime est condamné à mort par les autorités. Une loi à visée dissuasive dans un pays où un viol est commis toutes les 20 minutes (chiffre basé sur les dépôts de plaintes uniquement). Les plaintes déposées pour viol ne prennent pas en compte les viols conjugaux et les viols sur mineurs, peu dénoncés car très tabou. De plus, 93% des policiers sont des hommes, rapporte le « Times of India », en 2012. Une proportion qui dissuade les victimes de déposer plainte. Des chiffres alarmants dans un pays qui compte 1,3 milliard d’habitants, avec un déficit de 63 millions de femmes en 2018 — les bébés garçons étant préférés aux filles. 

*Surnom (les noms de victimes de certains crimes en Inde ne sont pas dévoilés par les autorités)

 

 

Source : AfriqueFemme.com

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