Il TENTE LE DIABLE : ADO, LE NOUVEAU BOULANGER

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« La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes », a déclaré le président ivoirien, interrogé par notre confrère Jeune Afrique. Une posture surprenante de la part de quelqu’un qui a toujours écarté cette éventualité, du moins publiquement.

Et donc, lui aussi est comme tous ses pairs africains qui veulent mourir au pouvoir, ou le céder à leur famille. Et pourtant, il avait toujours montré sa bonne foi : qu’il quitterait le pouvoir au terme de ses deux mandats. Allant même jusqu’à orchestrer la fusion de la grande famille « houphouitiste », et par ricochet théoriser sa succession. Tout cela était donc du pipo. Ce n’était donc qu’une manœuvre, le temps de bien malaxer la farine; comme un vrai « boulanger » qui rappelle un certain Gbagbo (il croupit à La Haye) qui était célèbre par sa propension à « rouler ses adversaires politiques dans la farine », à faire irruption là où on ne l’attendait point. 

En n’écartant pas l’éventualité de se présenter pour un troisième mandat, en 2020, Alassana Ouattara vient ainsi d’ouvrir la boîte de Pandore. Il veut tenter le diable. Et pourtant son pays, la Côte d’Ivoire, traîne encore les séquelles de la guerre socio-politique qui l’a décimé dans la décennie 2000- 2010, au terme de laquelle ADO a dû compter sur ses alliés occidentaux pour déloger le boulanger Gbagbo de son palais. Toutes ces images sont encore fraîches.

Mais, face à cette « provocation », il est à parier que les Ivoiriens ne se laisseront pas faire. Le Président ivoirien trouvera sur son chemin l’oppsotion et le peuple. Le ton est déjà donné. 

« Cette déclaration désormais ouverte n’est que pure provocation contre le peuple ivoirien. L’idée d’un troisième mandat, le chef de l’Etat actuel le sait, est anticonstitutionnelle, inacceptable et irréalisable en Côte d’Ivoire » a déclaré dans un communiqué Georges Armand Ouégnin, le président de « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS), une coalition de l’opposition ivoirienne qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (FPI).

ADO est averti. S’il periste dans sa tentation du diable, il risque de renouer la Côte d’Ivoire avec ses vieux démons.

Thierno DIALLO, Afrique Connection

AfriqueConnection

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