Il a fallu que je frôle la mort pour que notre amour soit reconnu

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Quand Yasmina, d’origine musulmane est tombée amoureuse d’un homme de confession juive et issu d’un milieu social bourgeois, ses ennuis ont commencé ! Il a fallu qu’elle frôle la mort pour que tout change…

J’ai rencontré Simon à une soirée chez des amis. C’était il y a quinze ans, je m’en souviens comme si c’était hier. Je ne voyais que lui dans l’assemblée, comme si les lumières n’éclairaient que lui ! On avait à peine échangé quelques mots que j’étais déjà amoureuse… Notre relation a débuté assez vite. Nous étions tellement bien ensemble, c’était merveilleux.


Rapidement, nos religions ont été un sujet de discussion. Nos familles étant croyantes et pratiquantes. Nous savions que cela pouvait être un problème mais nous n’aurions jamais imaginé que ça aurait autant de répercussions sur nos vies. Pour le moment, nous vivions les moments bénits du début d’une idylle, nous n’avions pas envie de nous en préoccuper. Nous cachions partiellement la vérité à nos parents en ne révélant pas l’identité de l’élu de notre cœur. En somme, on se voyait en cachette. Cela nous a contentés pendant un temps. Etre tous les deux nous suffisait.



On a décidé de s’enfuir ensemble



Après quelques années quand même, nous avons décidé d’officialiser les choses auprès de nos familles respectives avec des présentations en bonne et due forme. Ça a été une catastrophe. Chez mes parents, l’ambiance était glaciale, personne ne décrochait un mot, tout le monde avait le nez rivé sur son assiette. Le dîner était certes mutique, mais je savais qu’ils finiraient par accepter.


C’est chez Simon que ça a été le pire. Quand sa mère m’a vue arriver, elle a poussé un cri. Durant la première demi-heure, dans le salon, ils m’ont littéralement assassinée avec leurs questions sur ma religion, nos habitudes, ma conversion, la couleur de ma peau… Trente minutes plus tard, ils me demandaient de bien vouloir quitter leur foyer. « Vous n’avez rien à faire là, vous n’êtes pas la bienvenue ici », ont-ils décidé.


Dépités, Simon et moi, on a décidé de s’enfuir ensemble. Et c’est là que le drame est arrivé. Nous avons eu un terrible accident de voiture. J’ai failli mourir. On nous a transportés à l’hôpital dans un état pitoyable. Simon était amoché mais vivant. J’étais dans le coma et mes membres inférieurs avaient été salement touchés.



Impossible de bouger mes jambes



Dès qu’il a été sur pieds, Simon est venu à mon chevet et m’a veillé jour et nuit. Il était devenu l’ombre de lui-même. Ses parents sont venus à l’hôpital et je crois que c’est à ce moment-là qu’ils ont réalisé la force de notre amour. Le désespoir de leur fils inconsolable les a profondément bouleversés.
Il a fallu plusieurs jours avant que j’ouvre enfin les yeux. Heureusement mon coma n’a pas laissé de séquelles dans mon cerveau et mes sentiments pour Simon étaient également indemnes. En revanche, mes membres ne répondaient plus. Impossible de les bouger. Si je voulais espérer remarcher un jour, il fallait que j’aille dans un centre spécialisé pour recevoir une rééducation adaptée. Oui mais voilà, ni Simon, ni moi, ni mes parents n’avaient les moyens de financer de tels soins.


Contre toute attente, les parents de Simon ont payé mon traitement. Alors j’ai fait beaucoup d’efforts. Je me suis investie comme jamais avec toute mon âme, mon corps et mon mental pour y arriver. Il fallait que je remarche, je voulais être à la hauteur du geste qu’ils avaient fait. Il a fallu beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, des larmes et des souffrances pour faire enfin quelques pas. Une belle victoire sur la vie et sur les différences. Il a fallu que je frôle la mort pour que les parents de Simon mettent de côté les religions et surtout qu’ils acceptent notre amour…

 

Source: maxi-mag.fr

Photo d’illustration

AfriqueFemme.com

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