Gambie : les autorités ferment la radio Teranga FM

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La radio communautaire gambienne Teranga FM, plusieurs fois réduite au silence depuis sa création en 2009, a été fermée ce dimanche sur ordre de l’Agence nationale du renseignement (NIA) pour un motif non précisé.

« Quatre agents de la NIA et un policier en uniforme sont venus à la radio cet après-midi vers 14h30 (heure locale). Ils nous ont dit d’arrêter la diffusion », a affirmé dimanche 1er janvier à l’AFP un membre du personnel de Teranga FM sous couvert d’anonymat.

« Ils nous ont dit avoir reçu instruction du directeur général de la NIA, Yankuba Badjie, de nous dire d’arrêter d’émettre avec effet immédiat », a affirmé la même source.

Le soir-même, Teranga FM n’émettait plus, a constaté un correspondant de l’AFP. Sollicitée par l’agence de presse, une source sécuritaire a confirmé la fermeture de la radio, sans pouvoir se prononcer sur son motif, et en précisant n’avoir procédé à aucune interpellation.

« Nous leur avons seulement demandé de cesser d’émettre, ils ont coopéré avec nous » et l’ont fait « dans l’après-midi », a-t-elle assuré, déclinant tout commentaire supplémentaire.

Violations des liberté de la presse

Teranga FM est une radio populaire en Gambie en raison notamment de sa traduction quotidienne en langues nationales des nouvelles publiées par les journaux gambiens. Depuis sa création, elle a été fermée plusieurs fois et a souvent été rouverte sous condition comme en 2011, lorsqu’elle avait été autorisée à reprendre ses activités mais avec interdiction d’aborder les sujets évoqués par la presse privée.

Ses journalistes ont aussi été quelques fois convoqués à la NIA, arrêtés ou jugés. En juillet 2015, son directeur, Alagie Ceesay, qui était jugé depuis août 2015 pour sédition et publication de fausses nouvelles, a disparu, les autorités indiquant qu’il aurait profité d’une hospitalisation pour s’enfuir.

Des organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent régulièrement les violations des libertés de la presse et d’expression en Gambie, où un nouveau président en la personne d’Adama Barrow doit être investi le 19 janvier. Sa victoire est contestée par le président sortant Yahya Jammeh, lequel a posé un recours devant la Cour suprême de Gambie. Il doit être examiné le 10 janvier.

Jeune Afrique

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