France, Interview de Macron : une pluie de critiques sur la forme du débat

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Nombre de responsables politiques se sont étonnés du ton des deux intervieweurs à l’égard du chef de l’État

«Incroyable entretien de presse. On n’écoute plus les réponses, on attend les questions», a réagi sur Twitter Jean-Luc Mélenchon. «En fait, deux heures d’interview, c’était pour permettre aux deux intervieweurs de faire leur show durant la première? En ce cas, faisons ce qui prévaut pour les réformes, accélérons!» a encouragé Sacha Houlié, député LaREM.

Plus que le fond, c’est la forme de l’interview qui a vivement fait réagir les politiques, quel que soit leur parti. «Face à un Jean-Jacques Bourdin que j’apprécie quels que soient ses emportements et à un Edwy Plenel comme toujours détestable, le président Emmanuel Macron est courageux et combatif. Bravo», a félicité le président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau, ex-LR. «Un exercice d’autosatisfaction du président, dans un cadre poussif et brouillon. Aucune annonce, beaucoup d’enfumage. Les Français ne sont pas dupes: le macronisme est un illusionnisme», a de son côté expliqué la secrétaire générale adjointe de LR, Virginie Duby-Muller.

Nombre de responsables politiques se sont étonnés du ton des deux intervieweurs à l’égard du chef de l’État. «Vous ne vous êtes jamais adressés à Emmanuel Macron en l’appelant Monsieur le président de la République!» s’est agacée la ministre Jacqueline Gourault. «Déni de démocratie et manque à la déontologie la plus élémentaire», a-t-elle jugé encore. «Interviewers ou combattants?» a affirmé le député de LaREM Gilles Le Gendre.

«Drôle d’interview qui consiste en fait à caricaturer la pensée, à faire des amalgames et des postulats sans poser de questions à l’interlocuteur», a poursuivi Marc Fesneau, le président du groupe MoDem à l’Assemblée. «Face à de vrais journalistes et non des passeurs de plat, Emmanuel Macron a vainement tenté de justifier sa politique toujours plus à droite à coup d’approximations, de circonvolutions et de mensonges. Jupiter est à terre», a rebondi Éric Coquerel, député de La France insoumise.

La forme de l’entretien aura presque fini par éclipser les réactions sur le fond des dossiers. Comme sur les frappes aériennes contre l’arsenal chimique en Syrie, la réforme de la SNCF, les retraités et le climat social. «La seule colère qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir est celle des plus riches et bien portants contre le Code du travail, contre l’impôt, contre la sécurité sociale, contre les services publics», a dénoncé Benoît Hamon, fondateur de Génération-s.«Macron n’a pas compris la colère et le désarroi des retraités. Comme si le pouvoir d’achat des salariés était lié à la baisse de celui des retraités. Absurde», a écrit Damien Abad, vice-président de LR.

(avec figaro.fr)

afrik53.com

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