Forum de Dakar: "Il faut que l'Afrique prenne en charge sa sécurité"

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Lors du forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, de nombreux dirigeants africains ont lancé un appel pour aider leurs pays à assurer leur propre sécurité.

À l’ouverture de la quatrième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, des chefs d’États africains ont appelé, lundi 14 novembre, à aider leurs États à assurer leur propre sécurité, y compris par une adaptation des interventions internationales aux réalités locales.

« La réponse militaire doit être solidaire et globale pour ne laisser aucun sanctuaire aux groupes terroristes », a notamment déclaré le président sénégalais Macky Sall, en présence de ses homologues rwandais Paul Kagame et malien Ibrahim Boubacar Keïta, et de la ministre française des Armées, Florence Parly.

« Le risque aujourd’hui, c’est de voir des terroristes vaincus ailleurs chercher des zones de repli en Afrique », a-t-il ajouté en référence notamment aux revers subis par l’organisatoin État islamique (EI) en Irak et en Syrie. « Il faut se garder des solutions toutes faites, conçues sans les Africains », a-t-il ajouté. « Les conséquences de ces interventions, nous les vivons au Sahel, sont souvent pires que le mal qu’elles étaient censées soigner », a-t-il précisé, faisant allusion à l’intervention occidentale en Libye en 2011.

« Il faut que l’Afrique prenne en charge sa sécurité, mais pour cela il faut que nos partenaires nous accompagnent », a insisté le président sénégalais. « La maintenance des force, les indemnités à payer, le comblement d’effectifs… Là, l’Union européenne, les Nations unies pourront venir en appoint. Mais la base doit être assurée par les Africains. »

« Une initiative africaine qui est un succès »

Présente à Dakar, la ministre française des Armées, Florence Parly a réitéré le soutien de la France à la « force conjointe » de lutte contre les jihadistes que sont en train de constituer les pays du G5 Sahel, avec l’appui de la force française Barkhane déployée dans la région, soit 4 000 hommes.

La force du G5 Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso et Mauritanie) est « une initiative africaine qui est un succès », a assuré la ministre française. « Je crois que c’est cela le sens de l’Histoire », a-t-elle commenté en répétant qu’il était « important que la communauté internationale apporte son plein soutien à cette initiative ».

Selon le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, « la force multinationale contre [le groupe jihadiste nigérian] Boko Haram et [celle du] G5 Sahel sont les dernières illustrations de la doctrine africaine des opérations de soutien à la paix ». « Il est de la plus haute importance que les Nations unies apportent le soutien requis à ces initiatives pour leur permettre de réaliser leur potentiel », a-t-il plaidé.

De son côté, Paul Kagame, qui présidera l’UA en 2018, a exhorté ses pairs africains à se prendre en main. « Si nous laissons les autres définir nos défis et prendre la responsabilité de régler nos problèmes, nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes », a-t-il lancé, tout en reconnaissant l’importance de la coopération internationale.

Avec AFP

AfriqueConnection

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