En Guinée, un nouveau blocus entre acteurs politiques réconciliés réveille de vieux démons

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L’accord politique du 12 octobre 2016, signé entre acteurs de l’opposition et de la mouvance est au point mort. Les vieux démons se réveillent à nouveau. Le projet du code électoral amendé devait être adopté ce mercredi 4 janvier 2017 par les députés guinéens au cours de la clôture de la session budgétaire 2016. Ça ne sera plus le cas, parce qu’il a été retiré faute d’harmonie entre les différents camps.

Exaspéré, le groupe parlementaire les Libéraux Démocrates (opposition) a accusé la mouvance présidentielle d’avoir envoyé une autre proposition qui s’oppose à l’application des accords politiques. Ainsi, les députés du groupe parlementaire –Libéraux démocrates (LB)- parlent de ‘’mauvaise volonté’’ de la majorité présidentielle au Parlement.

En conférence de presse mardi, Fodé Oussou Fofana, président du groupement parlementaire LB a évoqué les raisons de leur désinvolture. ‘’Au moment où on s’attend à aller demain (ce mercredi 4 janvier 2017, NDLR) en plénière pour soumettre ce code électoral, la mouvance emmène une autre proposition de la façon la plus désagréable, désinvolte, en demandant à partir de maintenant que le vote soit absolument par liste majoritaire. C’est-à-dire, au cours de l’élection, même si vous avez 10%, on doit vous ajouter 40 % pour que vous ayez la majorité pour gérer complètement la commune. C’est une proposition qui ne respecte aucune procédure. Elle n’a aucun sens. Par contre, elle remet en cause tout le code électoral. C’est leur argument pour bloquer le code électoral’’, évoque-t-il.

Indigné par cet acte qui n’honore pas la classe politique du pays, le député de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), annonce le retrait pur et simple de son groupe parlementaire dans le processus en cours.

‘’Je pense que nous allons purement et simplement nous retirer, parce que nous n’allons pas les accompagner pour trouver un alibi qui consiste à dire qu’on a envoyé le code. Et que c’est au niveau de l’Assemblée que les députés ne se sont pas entendus’’, a justifié le Dr Fofana.

‘’si le code électoral n’est pas adopté, nous allons manifester pour exiger le respect de la loi’’

Les députés de la principale formation politique de l’opposition guinéenne accusent l’honorable Amadou Damaro Camara (président du groupe Parlementaire de la majorité présidentielle, ndlr) d’avoir voulu, lors des travaux de la commission des Lois, introduire dans le code électoral en examen, la suppression des dispositions des accords et les remplacer par d’autres qui autorisent le parti classé premier à nommer tous les conseillers communaux.

‘’ Ce mode de scrutin, qu’il soit majoritaire ou mixte, comme le propose la mouvance, vient remettre fondamentalement en cause tout l’arsenal au niveau de la décentralisation, au niveau de la gouvernance des collectivités locales. Quand nous prenons le scrutin au niveau des communes, ce qui est prévu pour les quartiers et les districts en fonction de l’accord politique, c’est que dans ces localités, les présidents des conseils seront désignés au prorata des résultats des élections communales et les conseillers seront installés au prorata de ce que chaque liste de parti aurait recueilli », développe  Mamadou Cellou Baldé.

Selon lui, ce mode proposé par la mouvance vise non seulement à éliminer la démocratie au niveau des collectivités, mais risque de créer des régions, des districts et des quartiers dirigés uniquement par un seul parti.

Comme d’habitude, ‘’si le code électoral n’est pas adopté, nous allons manifester pour exiger le respect de la loi’’, a menacé Fodé Oussou Fofana.

La dernière manifestation politique en Guinée date du 16 août dernier. Elle avait au finish, couronné par  la mort d’un jeune de 21 ans, fauché par balle par un policier.

Aliou BM Diallo, à Conakry

AfriqueConnection

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