Dégradation des routes en Guinée : l’aveu d’impuissance des autorités

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Le secteur routier guinéen vit dans un état piteux. Seulement 20% des routes nationales sont en bon état contre 20% passable et 60% en mauvais état. Cette situation restera longtemps inchangée, à en croire la ministre des travaux publics.

 

A date, le réseau routier du pays est estimé à environ 46 130 km dont 2 261 km de routes uniquement sont revêtues.

Si la population comptait sur les autorités actuelles pour panser la plaie, le numéro un du département des TP a égrainé de nombreuses difficultés d’ordre institutionnel, administratif et financier qui empêcheraient le fonctionnement normal du département.

En conférence de presse mardi, Mme Makalé Camara a déploré l’absence ‘’de synergie d’action entre les structures de l’État’’, notamment les Finances (Direction Nationale des Marchés Public), l’autorité de Régulation des Marchés Publics, l’administration de Contrôle des Grands Projets et des Marchés Publics.

Elle a également regretté la lenteur administrative qui s’illustre par: ‘’les dossiers d’ouverture des offres des travaux d’entretien routier ont perdu au moins trois mois dans les circuits de la procédure de passation des Marchés Publics ; les contrats d’études des ponts Koussi et Milo ont perdu plus de trois mois dans le même circuit ; l’inadéquation entre alloués et besoins des travaux ;  le retard dans le paiement des décomptes des entreprises ;  la coupe budgétaire sur la ligne du Ministère’’, entre autres.

Pourtant, les attentes des populations sont nombreuses. Sans langue de bois, Mme le ministre, connaissant la responsabilité à lui confiée, souligne : ‘’notre mission est la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’infrastructures routières qui, par leur coût de construction, de réhabilitation et d’entretien sont confrontées à des écarts considérables entre besoin de financement et ressources allouées. Cette situation, indique-t-elle, soulève l’importance des défis à relever tant dans la mobilisation et la gestion des ressources que dans la réforme institutionnelle et la protection du patrimoine routier existant.’’

Durant l’exercice 2016, le département des Travaux Publics a bénéficié d’un budget de plus de 1.350.245.234.000 GNF, selon la Loi des Finances Initiales 2016.

Par contre, le projet de budget du Ministère des Travaux Publics pour l’exercice 2017 est de 730.369.307.000 soit une baisse d’environ 46% par rapport à celui de 2016.

Devant les députés, en début du mois de décembre dernier, la ministre n’a pas caché son mécontentement quant à la chute du budget de son département. ‘’Chers députés, vous comprendrez avec moi, que sur la base de ce projet de Loi des Finances Initiales, mon Département ne pourrait pas faire des nouveaux engagements dans la construction des routes en 2017’’.

Pour changer la donner, le ministère recommandation le maintien et la poursuite des réformes engagées et l’amélioration des efforts du gouvernement pour le retour effectif des partenaires techniques (Banque Mondiale, l’Union Européenne, la République Fédérale d’Allemagne) classiques sortis du secteur et le maintien de ceux qui veulent en sortir.

Aliou BM Diallo, à Conakry

AfriqueConnection

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