Croissance, taux d’intérêt, Italie… l’euro est en danger !

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Pour notre chroniqueur Marc Touati, économiste et président de la firme ACDEFI, l’euro a de bonnes raisons de continuer à baisser face au dollar. D’autant qu’une grave crise politique n’est pas exclue, de ce côté-ci de l’Atlantique, alors que des vents contraires soufflent de l’Italie. La zone euro pourrait ne pas survivre aux années 2020

Enfin une bonne nouvelle ! Dans un contexte de tensions géopolitiques internationales avivées, de remontée des cours pétroliers et de nouvelle crise économico-politique italienne, la baisse de l’euro face dollar constitue une bouffée d’oxygène. En effet, alors qu’en février dernier, il culminait à 1,25 dollar et que de (trop) nombreux prévisionnistes le voyaient encore flamber durablement, l’euro avoisine actuellement les 1,18 dollar.

C’est évidemment positif pour la croissance eurolandaise, mais encore trop élevé, sachant que le niveau d’équilibre de l’euro est de 1,15 dollar pour l’ensemble de l’Union économique et monétaire (UEM) et de 1,05 dollar pour la France. De plus, en attendant que l’euro ne produise ses effets favorables sur l’activité économique eurolandaise – c’est-à-dire pas avant six mois -, cette dépréciation de la monnaie unique vient surtout confirmer les écarts économiques et financiers qui s’installent entre les États-Unis et la zone euro.

Croissance : Les États-Unis distancent à nouveau la zone euro !

En effet, l’écart de croissance est reparti à l’avantage de l’oncle Sam dès le premier trimestre 2018. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre le quatrième trimestre 2017 et le premier de 2018, le glissement annuel du PIB américain est passé de 2,6% à 2,9%, un plus haut depuis le deuxième trimestre 2015, mais celui de la zone euro est tombé de 2,8% à 2,5%, un plus bas depuis le deuxième trimestre 2017. Depuis 1995, l’écart de croissance Etats-Unis-UEM repart donc logiquement à la hausse, pour atteindre désormais 74,9 points.

Dans le sillage du ralentissement de l’activité dans la zone euro, le taux de chômage y a également stagné en mars, à un niveau de 8,5%. Il s’agit évidemment d’un résultat honorable, notamment lorsqu’on le compare au sommet de 12,1% atteint de février à juillet 2013, mais toujours nettement supérieur au plancher de 7,3% qui prévalait d’octobre 2007 à mars 2008 et bien sûr très loin des 3,9% qui prévalent outre-Atlantique. Le plus ennuyeux est que si déjà avec une croissance de 2,8 % fin 2017, le taux de chômage n’a pas pu descendre sous les 8,5 %, que va-t-il devenir demain, avec la décélération de la croissance ?

afrik53.com

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