Actualités

Congo-Redd+ : familiariser les populations aux outils anti-corruption

Au Congo, des populations rurales ignorent tout ou presque de Redd+. Ce qui les rend vulnérables à la corruption pouvant entourer ce mécanisme de lutte contre l‘émission des gaz à effet de serre par la déforestation. Une ONG les forme pour les prévenir.

Autorités locales, représentants d’ONG, membres de coopératives, … Ils étaient une centaine à prendre part à des débats communautaires organisés du 14 au 16 mai derniers dans les localités de Bambama et Zanaga à environ 600 km au sud-ouest du Congo.

Organisés par l’ONG congolaise Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), ces débats étaient axés sur le thème « Améliorer la gouvernance forestière et climatique à travers la promotion de la transparence et la lutte contre la corruption ».

Un thème en lien étroit avec le projet « Intégrité dans les initiatives climatiques comme REDD+ » mis en œuvre depuis près de deux ans dans plusieurs localités du Congo par la RPDH en collaboration avec Transparency International.

Dans la Lékoumou comme dans plusieurs régions du Congo-Brazzaville, des communautés rurales savent peu ou pas grand-chose de Redd+. Un mécanisme lancé en 2008 qui vise à lutter contre le réchauffement climatique causé par des émissions de gaz à effet de serre issus de la dégradation, la destruction et la fragmentation des forêts. L’initiative s’appuie sur des « incitations financières » liées au marché du carbone.

Or, si les valérianes sont réputées attirer les chats, l’argent appelle parfois la corruption. Et dans la plupart des cas, ce sont ceux qui n’ont pas l’information qui payent le lourd tribut.

Des recommandations à respecter

Dans un contexte où des forêts congolaises dont celles de la Lékoumou subissent une surexploitation au mépris même des lois et actes en vigueur malgré la vigilance des pouvoirs publics et de la société civile, la sensibilisation sur Redd+ fournit déjà de précieux outils aux populations rurales.

Et parmi ces outils, les plus précieux, c’est bien le Centre d’Assistance Juridique et d’Action Citoyenne (CAJAC). Des instruments que les populations semblent déjà prêtes à utiliser. « Je suis motivée à l’idée de travailler pour le CAJACREDD+. Je serai capable dorénavant d’identifier, recenser et témoigner des cas de corruption et autre violation dans le secteur forestier et la REDD+ », promet Caroline Lekoulediamé, membre du CAJAC de Zanaga.

« Fournir le conseil juridique aux victimes ou aux témoins de cas de corruption, aider les citoyens à structurer leurs plaintes, les déposer et suivre les cas auprès des instances compétentes (tribunaux par exemple, NDLR); monter les plaidoyers pour inciter des réformes ou des changements systématiques…. Voilà les principaux objectifs poursuivis par le CAJAC », explique Ben Abdoulaye Sy, chargé de la recherche au sein de la RPDH.


Pendant le débat communautaire à Zanaga

Mais, l’atteinte totale de ces objectifs semble sujette à plusieurs conditions. Il s’agit par exemple de publier les cahiers de charges, associer les communautés à la gestion des forêt, former les populations au plaidoyer, respecter le consentement libre des population et mener des études sur l’impact sur l’environnement avant l’exécution de tout projet minier ou forestier.

« Aussi, bien, au gouvernement qu’aux entreprises ou aux ONG, nous avons formulé de nombreuses recommandations qui doivent être prises en compte dans la gouvernance forestière au Congo », indique Christian Mounzéo, président de la RPDH.

Auquel cas, les avantages procurés par Redd+ pourraient être à la merci de quelques prédateurs corrupteurs et/ou corrompus.


>>> LIRE AUSSI : Congo-Brazzaville : d’importants dégâts environnementaux causés par des Chinois au nord

Source : africanews.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page