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Chaos politique: ‘après Biya, ce sera Biya au Cameroun’

La résistance du régime de Yaoundé face à la pression de la communauté internationale qui demande au Président Biya d’ouvrir un dialogue inclusif sur la crise anglophone depuis plusieurs mois sans suite, montre qu’il est difficile de venir à bout d’un système âgé de 37 ans.

« Le Cameroun c’est le Cameroun », dit-on très souvent. Si aujourd’hui le système est aussi violent et puissant, c’est parce qu’il garantit l’intérêt commun de ses éléments.

Nelson Mandela avait déclaré qu’il ne sert à rien de s’attacher à un homme. Il est préférable de s’en prendre au système. Ce qui signifie que ce n’est jamais une question d’individu, mais plutôt d’une mécanique huilée pour survivre à toute tentative de renversement. Quand on voit l’attitude du gouvernement lorsque les Nations Unies, Washington et l’Union Européenne font le procès du régime de Yaoundé, on comprend sans doute que sur le plan de l’alternance après Biya ce sera Biya.

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C’est-à-dire que ce sera la continuité via le système en place. Ceci parce que tous ceux qui en font partie, n’ont pas intérêt à ce que les choses changent. Beaucoup sont des prébendiers qui ont ruiné le pays.

Si le système change, ils rendront systématiquement compte. Malheureusement, cela saute aux yeux que dans ce système, ces gens sans foi ni loi détiennent tous les leviers de contrôle du pouvoir, à savoir les institutions, ainsi qu’Elections Cameroon (Elecam) et le Conseil Constitutionnel.
Ainsi, ce qui procure actuellement le système, c’est de trouver après Biya un homme qui protège le mieux les intérêts des membres du système.

Quand on observe l’exemple Burkinabé, on se rend compte combien peut-être dangereux un système, lorsqu’il est poussé dans ses derniers retranchements et lorsqu’il a peur de perdre tous ses privilèges.

Le coup d’Etat du régiment de sécurité présidentielle (RSP) tirait son leitmotiv de ce que Blaise Compaoré étant out, tous ses affidés, ainsi que les partis politiques qui lui étaient fidèles se sont sentis menacés dans leurs propres intérêts vitaux. L’exhumation des dossiers noirs de la République (comme celui de Sankara) et la mise à l’écart de certains de la mangeoire ne pouvaient qu’apporter des soubresauts sociopolitiques.

Ceci est tout autant vrai au Cameroun que même chez nous, de nombreux partis politiques font partie de la majorité présidentielle de manière déclarée ou non, et auront donc intérêts à ce que le système ne s’effondre pas comme un château de Cartes.

Source : Camerounweb.com

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