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‘C’est la pire saison sportive qui ai été organisée’

Rencontré à Yaoundé à la veille du premier match de Coton sport de Garoua aux Play-offs, Nouhou Moussa, le directeur sportif du club, a accepté répondre à nos questions relatives à l’actualité du club et surtout les ambitions de Coton sport cette saison.

Quel bilan faites-vous de la première partie de la saison, avant les play-offs ?

Le bilan est quand même positif puisque nous avons terminé premier de notre poule. Cette nouvelle formule du championnat n’est pas du tout favorable à une équipe comme Coton sport de Garoua qui est à 1000 km des autres équipes. Vous imaginez la difficulté liée à l’état des routes. On fait cette route 8 fois, vous imaginez la difficulté que cela représente.

Administrativement, quels ont été les difficultés que Coton sport a rencontrées ?

Nous avons trouvé quelques difficultés au niveau de la fédération, surtout avec la libération de certains joueurs. Nous avons même perdu un joueur qui est rentré au Tchad. On avait déjà eu son CIT. Nous lui avons fait une licence mais il n’a pas pu jouer parce qu’il avait deux CIT. Sinon après les choses se sont quand même bien arrangées, tout est rentré dans l’ordre. Mais ce joueur tchadien, nous l’avons perdu. Nous n’avons pas pu l’utiliser.

Union de Douala qui était son second challenge n’a pas pu l’utiliser. Gazelle de Ndjamena qui était son club qui nous le vendait n’a pas pu l’utiliser. Ni l’équipe nationale du Tchad. Ça nous fait mal, cette situation, puisque nous sommes là pour la promotion des jeunes.

Au niveau des recrutements, est-ce que vous pensez que vous l’avez réussi, avec les arrivées d’Aboubakar Konaté et Sibiri Sanou ?

Je pense qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas dire que nous avons fait un mauvais recrutement. Avec ces joueurs dont vous avez cités, je pense qu’on a fait des bons choix. L’équipe avec ces joueurs se rôdent bien.

Pour ces play-offs, est-ce que tout a été mis en œuvre pour que Coton sport puissent décrocher le titre dans la partie sud Cameroun ?

C’est avec cette ambition que nous sommes venus. Nous allons tout faire pour que cela y soit. Mais il faut quand même relever, honnêtement, c’est la pire saison sportive qui ait été organisée. Quand nous quittions de Garoua, c’était pour jouer un match le dimanche. Nous devons jouer notre premier match des play-offs contre Feutcheu FC dimanche, mais c’est en chemin qu’on apprend que ce sera plutôt lundi. C’est en chemin qu’on apprend qu’on jouera les matches de coupe, probablement contre une équipe de Ngaoundéré.

Imaginez quel genre de gymnastique, une équipe comme Coton sport devra faire et qui est obligé de se prendre intégralement en charge à Yaoundé. C’est une difficulté majeure. Je pense qu’en réalité si on devait organiser des play-offs comme ceux-là, ne fussent que les terrains d’entrainement devaient être apprêtés pour les clubs. De tout ça, rien n’est fait.

Chaque équipe doit se débrouiller pour trouver son terrain d’entrainement. Ce n’est vraiment pas une bonne organisation, honnêtement. S’il fallait refaire sous cette forme, ça ne vaut pas la peine. Il faut qu’on comprenne, quand on organise une CAN, il y a des terrains d’entrainement. Nous n’avons pas un terrain précis sur lequel on peut s’entrainer, pourtant on nous a délocalisés pour Yaoundé. On est obligés de courir de gauche à droite pour chercher un terrain d’entrainement.

Est-ce que la LFPC n’a pas pris des dispositions financières pour aider les clubs à supporter les charges, dans ces play-offs ?

Pour le moment sur le plan financier, je ne sais ce qu’il en est. Les nouvelles que j’ai eues avec le staff financier est que la ligue serait entrain d’aider les clubs. Moi je m’occupe beaucoup plus des aspects sportifs.

Quelle est l’équipe qui vous semble difficile dans ces play-offs ?

L’équipe qui a un bon fond de jeu, pour moi c’est peut-être Dragon de Yaoundé. Ils ont une bonne équipe. C’est vrai que Dragon a perdu contre UMS mais ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise équipe. Sur le fond de jeu vraiment, c’est appréciable. Les autres clubs nous ne les connaissons pas encore parce que nous n’étions pas dans la même poule.

Ces play-offs marqueront la fin de la saison. Est-ce qu’on se projette déjà vers l’avenir, est-ce qu’il y a des joueurs que vous avez ciblés et qui viendront renforcer votre effectif pour la ligue des champions, si vous vous qualifiez ?

Même si Coton sport n’était pas qualifié pour la ligue des champions, il va de soi que nous allons étoffer notre effectif. Cette équipe ne sied pas totalement aux ambitions que nous avons, nous allons un peu la remodeler. Comme notre ambition est de jouer la ligue des champions, quelque soient les cas, nous allons renforcer notre effectif.

La coupe du Cameroun fait aussi partie de vos objectifs ?

C’est la priorité des priorités. Nous avons le doublé à faire. Imaginez donc la délocalisation et le doublé à faire.

Quelle appréciation faites-vous de cette formule que la ligue a expérimentée cette saison, à savoir le championnat en sous poule ?

Espérons que ce soit une expérimentation unique parce qu’on avait l’obligation de rattraper le calendrier de la CAF. Sinon ce n’est pas une bonne formule, surtout pour une équipe comme Coton sport. Je ne sais pas ce qu’il en est des autres équipes. En réalités ceux qui s’asseyent et décident ne s’imaginent pas des difficultés auxquelles nous sommes soumis.
Quand il faille quitter Garoua pour un séjour ou deux journées, ce n’est pas moins de 2 ou 3 millions de francs. Ce n’est pas à la portée de tout le monde. Si cette façon se perpétue, en 2 ans même Coton sport n’existera plus. Le grand nord sera pratiquement exclu du championnat national. Il faut donc soupeser tous ces paramètres avant de prendre certaines décisions qui engagent les clubs sur l’ensemble du triangle national.

Vous avez été éliminés au tour de cadrage de la compétition africaine. Par le passé, Coton sport arrivait en finale, qu’est-ce qui fait problème ?

Il faut savoir qu’on ne peut pas comparer les époques. La période où Coton sport était arrivé en finale de la ligue des champions et celle de la coupe des confédérations, c’était une équipe type qui avait fait au moins six ou sept ans ensemble. Cette fois-ci c’est un effectif qui va le jour au jour. On essaie cette année, on essaie l’année prochaine. Nous sommes allés au Ghana pour jouer Ashanti Kotoko, la recette du match avoisinait les 400 millions de francs cfa. Ça c’est pratiquement le budget de Coton sport pour un an.

La recette d’un seul match alors que Ashanti avait gagné son match aller ici à Yaoundé. Nous sommes allés en Egypte, les panneaux publicitaires à l’intérieur du stade, disent-ils, leur rapportent dans les 2 milliards de francs par an. Vous vous confrontez à ce genre d’équipe, vous voyez un peu. Le challenge n’était pas facile.

Nous avons rencontré l’équipe du Burkina Faso qui, peut-être avait le budget que nous pouvons rivaliser, nous sommes passés. Il y a donc aussi ce paramètre financier qu’il faut mettre en exergue pour analyser. L’époque où Coton sport est allé en finale de la ligue des champions, on avait un budget presque de 800 millions. Aujourd’hui on a un budget qui est moins que celui-là.

Source : Camerounweb.com

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