Cameroun/Sénatoriale 2018 : vers un nouveau deal entre le RDPC et le SDF ?

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Le président de la République a signé le 07 février 2018, un décret portant convocation du corps électoral pour les élections sénatoriales prévues pour le 25 mars prochain. Depuis dans les partis politiques se mobilisent pour avoir des candidats.

Le mandat des Sénateurs de la première sénatoriale s’achève au mois d’Avril 2018. L’on se souvient encore que c’était le 14 avril 2013 que la toute première élection sénatoriale a été organisée au Cameroun. Quatre partis politiques ont participé à cette élection à savoir Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) du président Paul Biya, le Social Democratic Front (SDF) de Ni John Fru Ndi, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) de Bello Bouba Maïgari, et enfin l’Union démocratique du Cameroun (UDC), d’Adamou Ndam Njoya.

Avec une écrasante majorité de grands électeurs en 2013, le RDPC au pouvoir devait sans surprise remporter l’essentiel des sièges et se donner le moyen d’avoir la majorité absolue. Pour ne pas paraître trop grossiers aux yeux de l’opinion internationale ou pris de remords, ils ont inventé des subterfuges pour ne pas avoir de candidats dans les régions de l’Adamaoua et de l’Ouest.

Dans l’Adamaoua, un ancien gouverneur n’a pas su remplir sa demande de candidature, et à l’Ouest, on dit qu’une dame introduite dans la liste des candidats par le secrétaire général du Comité central du Rdpc, lui-même, n’a pas su qu’ un extrait de casier judiciaire est signé à la Justice et non au commissariat de police. Le SDF a ainsi présenté les sénateurs dans ces deux régions et au final a remporté les 14 sièges sénatoriaux de ces deux régions. D’ailleurs une consigne de vote du RDPC avait été donné à ses militants de voter pour le SDF.

Dans l’Ouest, le RDPC a appelé, à la surprise générale, à voter pour le parti de Ni John Fru Ndi contre l’UDC d’Adamou Ndam Njoya, qualifié de tribalisme par le RDPC. Une victoire du Sdf sur l’Undp dans l’Adamaoua avait été une surprise générale. C’est que le parti de la balance ne disposait pas le moindre conseiller municipal dans la région. A la différence de l’Undp qui en comptait 99. D’après une source à la délégation régionale d’Elecam de l’Adamaoua, le pourcentage de participation à l’élection des sénateurs dans l’Adamaoua avait été de 99, 24%. Au regard de cette statistique de participation au vote, il apparaissait que le parti de la flamme avait choisi de voter le SDF, au détriment de son allié habituel l’UNDP.

Dans l’opinion publique l’opinion publique nationale, les citoyens ont vu dans ce scénario à la camerounaise, une coalition tacite, un concubinage incestueux entre le principal parti de l’opposition et le parti au pouvoir. Cinq après, l’on peut se poser la question de savoir si nous allons assister à ce même cinéma entre les deux partis. Cela  pourrait être possible dans la mesure où le RDPC possède encore une majorité obèse en termes de conseillers municipaux. Mais pour paraitre démocratique aux yeux de l’opinion, le RDPC pourrait remettre sur la sellette, le même schéma électoral comme 2013, où il va une majorité absolue et laissé 14 sièges au SDF. Dans la même veine, le Président de la République va encore nommer 30 autres après le vote des 70 selon les prérogatives constitutionnelles en la matière, avec au passage une gratification de quelques strapontins sénatoriaux à certains partis de l’opposition pour un certain vernissage démocratique apparent.

Comme en 2013, certains partis de l’opposition ont décidé de boycotter l’élection sénatoriale. A la suite du MRC (voir document ci-dessous), l’AFP d’Akere MUNA ne compte pas prendre part aux sénatoriales.

LeBledParle.com

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