Société

Cameroun : Les étudiants Sages-femmes en grève à Douala 

Les étudiants Sages-femmes du Cameroun formés depuis 2017, observent en ce moment un mouvement d’humeur à Douala, a constaté lebledparle.com.

Les étudiants grévistes (c) Droits réservés

Arrivés en fin de formation depuis trois ans (2017), ces jeunes pourtant prêts à l’emploi n’ont reçu jusqu’ici, ni attestations, ni diplômes, encore moins leurs relevés de notes où un papier qui justifie leur formation.

Pour trouver une solution pacifique à leur problème, ils ont engagé des procédures administratives qui ont conduit à des réunions avec certains cadres des services du ministère de la Santé. D’André Mama Fouda (ancien ministre de la Santé) à Manaouda Malachie (actuel), rien n’a bougé. Indignés par cette situation qui dure déjà trop, ils ont décidé de battre le pavé depuis le 14 janvier 2020 devant l’école des Sages-Femmes de Douala où ils ont été formés.

Regroupés devant leur établissement, ils brandissent les pancartes, où on peut lire : « Ayez pitié de nous ! Sans diplôme ! Chômage +++ ! Galère exagérée ! Trois ans déjà sans attestations ».

Contacté par lebledparle.com, un gréviste qui a requiert l’anonymat s’explique : « En principe, les Sages-Femmes du Cameroun sont formés par l’État. Selon l’arrêté du président de la République signé en 2014, les étudiants formés dans cette école devraient intégrer directement la fonction publique. Mais là n’est pas la question », recadre-t-il avant de poursuivre : « Nous sommes entrés en 2014, et sommes sortis en 2017. Seulement, depuis notre sortie de l’école, on ne nous fait plus allusion même d’une simple attestation encore moins un diplôme pour justifier notre formation. Même pas un relevé de notes. Nous sommes au quartier à attendre depuis 3 ans. Quand bien même on va à l’école pour s’enquérir de la situation, on nous informe que c’est le ministère de la Santé, et quand on va au ministère, eux aussi nous parlent de l’université de Buea… »

Résolus à avoir leurs diplômes, les étudiants indignés, issus de la quatrième promotion de l’école des sages-femmes de Douala n’ont pas reculés face aux multiples tracasseries administratives dont ils font face depuis leur sortie d’école : « Nous avons écrit au ministère de la Santé, ils nous ont convoqué pour une réunion de concertation. Au terme de celle-ci, on croyait le problème résolu. Mais jusqu’ici rien… », nous raconte notre source.

D’après des informations à notre rédaction, ladite réunion qui s’est tenue au mois d’avril 2018, a connu la participation du directeur des Ressources humaines du ministère de la Santé, du représentant personnel du Premier ministre [Philémon Yang Ndlr], et du représentant de l’université de Buea. Au terme de cette assise, l’université susmentionnée avait été sommée de produire les diplômes dans un délai de 2 semaines, avec les fonds que devait lui reverser le ministère de la Santé. Mais jusqu’ici, rien n’a été fait. Les étudiants ont la gueule de bois…

« On croyait qu’après les élections de 2018, tout rentrera dans l’ordre. Malgré cela, nous nous sommes rendus compte que cela ne préoccupait personne », lance un étudiant gréviste.

D’autres informations collectées sur le terrain font état de ce qu’en octobre 2019, l’université de Buea, sur les 10 écoles de Sages-femmes que compte le Cameroun et dont trois promotions sont en attente de de diplômes [2014, 2015, 2016 Ndlr] a fait sortir près de 50 attestations.

En outre, elle exige un paiement de 50 000 FCFA aux promotions sorties en 2019 pour qu’elles rentrent à en possession de leurs attestions. Une somme dont certains se sont acquittés.  Courroucés par ces manouvres qui ne s’inscrivent pas dans les règles de l’art, les étudiants ont décidé de laisser de côté les longues procédures et prendre la rue : « Nous avons décidé d’abandonner les procédures administratives qui prennent assez de temps et n’aboutissent à rien. Nous allons faire ce sit-in jusqu’à ce qu’on se fasse entendre », indiquent-ils.

Ce premier regroupement qui n’est qu’un premier pas dans leur élan, vise à d’abord faire entendre leurs voix auprès de leurs enseignants ensuite les responsables administratives et enfin si rien n’est fait, le ministre en charge de la Santé.

Vivement que les autorités prennent leurs responsabilités pour que ces étudiants dont le seul crime est d’avoir choisi l’École des Sages-Femmes, soient pris en charge.


Source : Lebledparle.com

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