Bénin: Vincent Bolloré chassé comme ‘un investisseur bas de gamme’

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Depuis une décision de la Cour d’appel de Cotonou, les travaux du tronçon Cotonou-Niamey (plus de 1000 km de voie) sont à l’arrêt depuis 2015. Une âpre bataille judiciaire oppose Samuel Dossou, premier adjudicataire par appel d’offres de cette tranche et Bénirail (public-privé) la filiale en charge du ferroviaire de Vincent Bolloré. Patrice Talon tient à faire savoir qu’il n’est pas satisfait de Bolloré. Un projet jugé « bas de gamme » et du matériel « d’occasion ». Le concurrent de Bolloré, le groupe Pétrolin n’échappe pas lui non plus à la critique. Patrice Talon, juge sa surface financière trop « faible » pour un projet d’environ trois milliards d’euros. Le Président privilégie Pékin qui a l’argent et le savoir-faire.

Avec la multiplication des écueils judiciaires entre cols blancs, les entreprises chinoises se sont discrètement positionnées pour ravir le projet de boucle ferroviaire ouest africaine. Leur stratégie de patience pour réaliser le reste des 2700 kilomètres de chemin de fer à travers cinq pays d’Afrique de l’Ouest, a fini par porter ses fruits. Dans un entretien exclusif au magazine français Challenges, Patrice Talon a indiqué que les hommes d’affaires béninois Samuel Dossou (Pétrolin) et Vincent Bolloré, dont la querelle judiciaire avait fini par bloquer le tronçon Cotonou-Niamey, devraient se retirer au profit des… Chinois!

L’homme d’affaires français avait consenti à débourser 3 millions d’euros pour financer le projet de sa poche. Commentaire de Patrice Talon sur la proposition Bolloré: c’est un modèle « bas de gamme » ! « Le modèle n’est pas bon. Un investisseur privé ne peut pas financer seul le chemin de fer que nous voulons », a fait savoir le président béninois dans la même interview. Aujourd’hui, l’imbroglio non encore évacué du fait d’un appel d’offres conjoint entre le Niger et le Bénin, semble avoir profité à un troisième acteur. « La Chine dispose de moyens financiers nécessaires. Elle a démontré son savoir-faire technique » dans la construction d’infrastructures du même type.

Depuis 2008, le projet de réseau ferroviaire entre Bénin et Niger défraie la chronique. Un nouveau rebondissement vient de se produire avec l’entrée en lice de la Chine. Cette fois, c’est le président béninois lui-même, Patrice Talon, qui a demandé aux deux concurrents, Bolloré et Pétrolin, de se retirer du projet au profit des Chinois.

Le projet Bolloré est qualifié de «bas de gamme», alors que la Chine «a démontré son savoir-faire technique» en ce qui concerne les infrastructures en Afrique.

CamerounWeb.com

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