Au USA , La réforme fiscale de Trump ne sert pas l’économie américaine

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Plutôt que d’augmenter les investissements et les salaires, les entreprises utiliseront leurs excédents de bénéfices grâce à des réductions d’impôts pour augmenter la rémunération des actionnaires.

Il n’y aura pas de miracle. L’effet stimulant de la réduction d’impôt sur les bénéfices – adoptée dans le cadre de la réforme fiscale de Donald Trump – sera minime sur le PIB américain. Plutôt que d’augmenter les investissements et les salaires, les entreprises utiliseront leurs bénéfices excédentaires pour augmenter la rémunération des actionnaires. Même si les montants en jeu sont substantiels. La première mesure – une réduction du taux d’imposition de 35% à 21% – représente ainsi 1% du PIB, soit entre 160 et 170 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires chaque année après taxation.

A ce cadeau s’ajoute une réduction de 35 à 15% de l’impôt sur les bénéfices des sociétés américaines réalisées à l’étranger dans le cadre de leur rapatriement. Entre 500 et 600 milliards de dollars pourraient revenir aux États-Unis sur les 2 900 milliards de dollars d’argent qui sont stockés à l’étranger.

Pourtant, la plupart de cette manne ne devrait pas entrer dans l’économie réelle pour plusieurs raisons. Premier constat: les entreprises américaines ont beaucoup investi depuis la crise financière de 2007-2008. En d’autres termes, ils ont déjà fait beaucoup et n’ont pas besoin de capitaux supplémentaires pour en faire plus. Deuxième observation: sauf au cas par cas, il ne faut pas s’attendre à une augmentation de la rémunération.

Au cours des six dernières années, l’évolution des salaires est relativement stable et devrait le rester. En effet, les nouveaux emplois créés par l’économie américaine sont en partie plus précaires et moins qualifiés. Parce que le pouvoir de négociation du personnel concerné est moindre.

En conséquence, les réductions d’impôt reviendront pour la plupart dans les poches des actionnaires. Selon certaines estimations, entre 40% et 70% de la réduction des impôts sur les bénéfices leur seront redistribués, la moitié sous forme de dividendes, la moitié par le biais de rachats d’actions. Reste une question clé: que vont faire les actionnaires avec l’argent récupéré des rachats d’actions? Les principaux investisseurs institutionnels devraient détenir le portefeuille.

D’un autre côté, les ménages et les investisseurs non résidents sont plus susceptibles de se séparer d’eux, comme le montrent les statistiques. Mais cet argent ne sera pas utilisé pour consommer plus. En réalité, ceux-ci seront réinvestis dans des placements financiers moins risqués que les actions, notamment en obligations. Le seul élément positif de la réforme fiscale du président américain: la hausse mécanique du bénéfice par action (BPA) devrait constituer, à moyen terme, un facteur de soutien au marché actions américain.

(avec challenges.fr)

afrik53.com

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