Politique

Assemblée Nationale : Le cas Cavaye Yéguie Djibril

Le Président est toujours attendu à Yaoundé, alors que s’ouvre une session le 10 mars prochain.

Cavaye Yeguié Djibril – DR

L’Assemblée nationale ouvre ses portes mardi prochain, 10 mars 2020. Son président sortant, Cavaye Yeguié Djibril, en évacuation sanitaire en France depuis peu, sera-t-il de retour à temps pour se battre pour son strapontin ? La question est sur toutes les lèvres d’autant plus que rien ne filtre sur son état de santé que fragilise la rumeur.

En tout cas, pour de nombreux partisans du lamido de Mada, dans le Mayo-Sava, qui essaiment dans les couloirs de l’Assemblée nationale, l’heure est à l’inquiétude. « Chaque matin, son retour est annoncé mais nous sommes toujours dans l’attente. Au cabinet, tout le monde est inquiet et nous prions chaque jour pour lui. Le Président est d’abord pour nous un papa, un protecteur. Nous lui devons beaucoup, pour ne pas dire tout », informe un cadre de son cabinet, originaire comme le président de l’Assemblée nationale de l’arrondissement de Tokombéré. « Nous avons hâte d’aller l’accueillir à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Les jours passent et notre inquiétude ne cesse de grandir », poursuit-il.

Le temps, il faut le dire, est compté. Dès mardi, devrait être mis sur pied le bureau d’âge de l’Assemblée nationale constitué d’un doyen et des deux plus jeunes députés. Entre formalités de validation des mandats et la plénière où seront lus les différents rapports des vérificateurs, tout laisse croire, à entendre des cadres de l’Assemblée nationale, que les députés arboreront leurs écharpes vendredi prochain. Le week-end pourrait alors être laissé aux états-majors des partis politiques pour se concerter en vue de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, qui pourrait intervenir le lundi 16 mars 2020.

« Si ce calendrier est respecté, la session de plein droit de l’Assemblée nationale pourrait être convoquée le 20 mars 2020, en même temps que le Sénat », apprend-t-on au Palais de verres de Ngoa-Ekellé. En théorie donc, et pour peu qu’il jouisse toujours de la confiance du chef de l’Etat, Cavaye Yéguié Djibril a encore jusqu’au 15 mars 2020 pour atterrir à Yaoundé et triompher comme il a toujours pu le faire chaque fois que sa peau a été prématurément vendue. Toutefois, dans l’hypothèse où sa santé le trahirait définitivement, le chef de l’Etat serait alors contraint de tirer de sa poche un nouveau joker.

Mais qui ? Cette question taraude aujourd’hui les esprits. Tout laisse cependant croire que l’éventuel successeur du lamido de Mada au perchoir viendrait de la région de l’Extrême-Nord. En effet, une telle option permettrait au chef de l’Etat de ne pas bouleverser les équilibres politiques qui structurent depuis 1992 son pouvoir, à savoir la Primature aux anglophones et l’Assemblée nationale aux nordistes.

« Il est évident que les nordistes ne sont pas satisfaits du perchoir de l’Assemblé nationale et lorgnent la Primature cédée aux Anglophones. Quant au Sénat et malgré les appétits et les manœuvres de Boubakary Abdoulaye, il ne porte pas la charge politique suffisante pour le troquer contre l’Assemblée nationale. Je vois donc le successeur de Cavaye Yeguié, si succession il y a, venir de l’Extrême-Nord dans une politique de statu-quo qui maintiendrait intact les équilibres actuels », analyse Hamadou, étudiant à l’université de Ngaoundéré. Cavaye Yeguié, la fin politique ? Pour une fois, ni lui-même ni le Président Biya, ne sont assurés d’avoir la bonne réponse. Ses partisans l’ont compris, eux qui multiplient les prières, les yeux rivés sur l’horloge.

 

 

Newsletter :

Déjà plus de 5000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Le Bled Parle à ne pas manquer !

Source : Lebledparle.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page